Tiébilé Dramé au Médiateur de la CEDEAO, Goodluck Jonathan : «La CEDEAO court le risque d’un échec au Mali si, à l’issue de la période transitoire, il n’y a ni réformes ni organe indépendant des élections»

Tiébilé Dramé, ancien ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale.

Le Médiateur de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Goodluck Jonathan, ancien Président de la République Fédérale du Nigeria, a rencontré, le lundi 11 janvier 2021, à Bamako, les acteurs politiques maliens dont le président du Parti pour la renaissance nationale (PARENA), Tiébilé Dramé, ancien ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale. Au cours de cette rencontre, le président du PARENA, Tiébilé Dramé, a fait une contribution dans laquelle, il souhaite la concertation et le consensus sur ce qui est désormais essentiel au Mali: la révision de la constitution et la mise en place d’une autorité autonome chargée des élections. « La CEDEAO court le risque d’un échec au Mali si, à l’issue de la période transitoire en cours, il n’y a ni réformes ni organe indépendant en charge des élections », précise Tiébilé Dramé, le patron du parti bélier blanc.

 « Les Maliens sont reconnaissants vis à vis de notre organisation pour le rôle irremplaçable qu’elle joue pour la préservation de la démocratie, de la paix et de la sécurité dans notre sous-région. Ils vous sont particulièrement reconnaissants, Monsieur le Président, à vous et à votre délégation, pour les efforts inlassables que vous déployez depuis le déclenchement de la présente crise en avril 2020. Laissant à la maison, familles et occupations quotidiennes, vous avez décidé que restaurer la démocratie et la stabilité au Mali est au cœur de vos priorités. Merci de votre fraternel accompagnement », c’est ce qui ressort de la contribution du PARENA sous la conduite de son président, Tiébilé Dramé, lors des échanges de la Mission de la CEDEAO avec les acteurs politiques. Selon Tiébilé Dramé, lors du sommet extraordinaire d’Accra consacré, le 15 septembre 2020, au Mali, les chefs d’Etat ont décidé que, suite à la rupture institutionnelle survenue le 18 août 2020, la Transition vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel devra durer 18 mois, à partir du 15 septembre 2020. Dans quelques jours, dit-il, quatre mois seront consommés. Pour Tiébilé Dramé, la mission de la CEDEAO conduite par Goodluck Jonathan, arrive à point nommé pour évaluer les progrès accomplis, mais aussi entendre les préoccupations et les inquiétudes que suscite la marche de la Transition. « Pour ce qui nous concerne, nous n’insisterons pas sur ce qui aurait dû se passer pendant les mois écoulés ou sur les manquements par rapport aux engagements pris dans le cadre de la Charte et de la Feuille de route de la Transition. Nous voulons vous dire tout simplement que le temps n’est pas notre allié, qu’il faut se concentrer, dans la concertation et le consensus sur ce qui est désormais essentiel : la révision de la constitution et la mise en place d’une autorité autonome chargée des élections. La CEDEAO court le risque d’un échec au Mali si, à l’issue de la période transitoire en cours, il n’y a ni réformes ni organe indépendant en charge des élections », a déclaré Tiébilé Dramé. Selon lui, ces réformes sont parmi les principales résolutions des Assisses nationales de décembre 2019. Elles correspondent, ajoute-il, aux aspirations de toutes les forces vives du pays, de l’écrasante majorité des partis politiques et de la société civile engagée dans le processus électoral. « Si nous ne tirons pas ensemble les leçons des crises précédentes, de la dernière en particulier, nous aurons choisi de tourner le dos à la stabilité du Mali. Réviser la constitution par une commission consensuelle, mettre en place un organe indépendant de gestion des élections et respecter la durée de la Transition fixée à Accra, sont les gages de la stabilité politique du pays », a conclu le président du PARENA, Tiébilé Dramé. Par Lerepublicainmali 

Aguibou Sogodogo

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