Sanctions américaines: l’UE prête à riposter tout en voulant négocier


Ces sanctions s’inscrivent dans le cadre d’une bataille juridique entre les avionneurs Boeing et Airbus.
REUTERS/Regis Duvignau/File Photo

L’Union européenne a promis ce jeudi 3 octobre de riposter aux sanctions américaines sur les produits européens, tout en espérant parvenir à un accord à l’amiable avec Washington afin d’éviter l’escalade d’une guerre commerciale.

« Si les Etats-Unis imposent des sanctions, ils pousseront l’UE à faire de même », a prévenu Daniel Rosario, porte-parole de la Commission européenne ce jeudi. La veille, les tensions entre Bruxelles et Washington ont brutalement ressurgi lorsque les autorités américaines ont annoncé vouloir frapper 7,5 milliards de dollars de produits européens de tarifs douaniers punitifs, après avoir reçu le feu vert de l’OMC dans le cadre de la bataille juridique de 15 ans entre les avionneurs Boeing et Airbus.

Ce matin, le président américain, Donald Trump s’est félicité de la décision de l’OMC, saluant « une belle victoire ».  Washington affirme que des surtaxes douanières seront imposées à partir du 18 octobre : 10 % sur les avions et plus généralement l’industrie aéronautique, et 25 % sur d’autres produits comme le vin, le fromage ou encore sur des articles de luxe.

La réponse de Bruxelles, qui négocie au nom des 28 Etats-membres de l’Union européenne, n’a donc pas tardé. Et alors que de nombreux produits français sont concernés par les mesures punitives américaines, le gouvernement français a, par la voix de sa porte-parole, affiché la même fermeté. « Évidemment que nous prévoirons des mesures de rétorsion, c’est au niveau de l’Union européenne que nous devons regarder cela. Nous avons nous aussi, vis-à-vis des États-Unis, des conflits commerciaux devant l’OMC », a rappelé Sibeth Ndiaye.

Washington et Bruxelles favorables à des négociations

De son côté, Berlin annonce qu’elle réagira « de manière déterminée, mais réfléchie à cette nouvelle situation ». « Dans un monde globalisé, les conflits commerciaux ne servent à personne, ces derniers mois l’ont montré », a prévenu le ministre allemand des Finances Olaf Scholz, cité par le quotidien Bild. Puissance exportatrice, l’Allemagne est fortement affectée par les tensions commerciales mondiales.

Si les différentes parties affichent leur détermination, elles ne ferment pas pour autant la porte aux négociations. Washington dit ainsi toujours espérer « entamer des négociations ». « La Commission européenne a invariablement indiqué aux États-Unis que l’UE est prête à travailler à une solution équitable et équilibrée pour nos industries aéronautiques respectives », a déclaré Daniel Rosario.

Il ne s’agit pas des premières taxes américaines sur des produits européens : depuis le 1er juin, l’acier et l’aluminium sont frappés de droits de douane afin de réduire le déficit commercial américain. En représailles, l’UE a ciblé des produits américains comme les Harley-Davidson, le bourbon ou les jeans. Après une relative trêve, le risque d’une escalade des sanctions n’est donc désormais pas à exclure. Donald Trump doit décider d’ici au 13 novembre s’il impose ou non des tarifs douaniers supplémentaires sur les voitures importées depuis l’Union européenne, une menace particulièrement redoutée par Berlin.

(Avec AFP)

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