Saisis par la justice suisse, les bolides de Teodorin Obiang vendus aux enchères


Teodorin Obiang, son of Equatorial Guinea’s President Teodoro Obiang, speaking in Mbini-Rio Benito, south of Bata on 24 January 2012
© Photo: AFP/Abdelhak Senna

Par RFI Publié le 29-09-2019 Modifié le 29-09-2019 à 20:11

Vingt-cinq voitures de luxe ont été mises aux enchères ce 29 septembre en Suisse. Les bolides appartenaient à Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale et lui-même vice-président, et avaient été saisies par la justice de Genève dans le cadre du volet suisse des « biens mal acquis ».

Sept Ferrari, cinq Bentley, une Maserati et une Aston Martin figurent au catalogue de cette vente aux enchères tenue dimanche 29 septembre à Genève. Ce trésor, estimé à plus de 17 millions d’euros, a permis de récolter 21,6 millions d’euros. Avec quelques pépites : les lots les plus chers sont deux hypercars, une Lamborghini Veneno Roadster blanc cassé, vendue autour de 5 millions d’euros, et une Ferrari hybride jaune d’une valeur de 2,5 millions d’euros.

Tous ces bolides ont été confisqués par la justice suisse après l’ouverture en 2016 d’une procédure pénale à l’encontre de Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale, et lui-même vice-président. Teodorin Obiang a également accumulé un patrimoine considérable en France. Il a été condamné en 2017 dans cette affaire dite des « biens mal acquis » et a fait appel.

Recettes affectées à un programme social

En Suisse, la procédure pour « blanchiment d’argent et gestion déloyale des intérêts publics » a été classée en février après la promesse d’un versement de 1,4 million d’euros par Malabo. La justice genevoise et les autorités équato-guinéenne se sont alors mises d’accord sur cette vente et le fait que les recettes seraient affectées à un programme à caractère social en Guinée équatoriale.

L’opération aurait pu être annulée. Mécontent qu’il n’y ait pas de prix de réserve [prix secret fixé par le vendeur en dessous duquel le bien n’est pas vendu], Malabo a tenté en vain de faire suspendre la vente aux enchères ces derniers jours. L’avocat du pays estime que d’autres conditions auraient pu permettre de lever des sommes encore plus coquettes.


► DÉCRYPTAGE

Pourquoi la procédure en Suisse a-t-elle été classée?

La procédure pour « blanchiment d’argent et gestion déloyale des intérêts publics » a été classée en février 2019 est prévue par l’article 53 du Code pénal suisse, explique à RFI une source proche du dossier, lorsque la procédure devient « trop compliquée » et que le procureur craint de ne pas arriver à obtenir une condamnation. « Ce qui n’est pas très surprenant lorsque le prévenu est un vice-président » explique cet interlocuteur qui précise qu’en acceptant l’accord, les deux parties reconnaissent toutefois implicitement que les biens saisis ont été acquis « de manière irrégulière ».

►À lire aussi : La justice suisse saisit 11 voitures qui appartiendraient à Teodorin Obiang

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
25 − 23 =