Réponse de l’ambassadeur russe au Mali S.E.M. Igor Gromyko à la question sur les causes profondes de la crise alimentaire mondiale

Question : Bonjour, M. l’Ambassadeur. Aujourd’hui, on s’inquiète de la crise alimentaire imminente en raison des événements autour de l’Ukraine. Comment réagissez-vous à la suggestion selon laquelle votre pays est “responsable” de l’éclatement de cette crise ?

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Réponse : L’Occident et ses satellites tentent d’imposer leur vision de la situation actuelle, à savoir que Moscou est responsable de la crise alimentaire imminente, en la liant à une opération militaire spéciale en Ukraine. Or, ce n’est pas le cas.

La Russie est préoccupée par la situation émergente et est bien consciente de l’importance de l’approvisionnement en biens socialement importants, y compris les denrées alimentaires, pour le développement socio-économique des États africains, la réalisation des indicateurs de moyens de subsistance et la réalisation des Objectifs de développement durable des Nations unies.

L’agro-industrie internationale a en effet été parmi les plus durement touchées par la récession économique mondiale. Toutefois, la situation actuelle sur le marché alimentaire n’est pas le “résultat” de deux mois de cette année, mais la tendance des deux dernières années au moins.

Les raisons de la situation actuelle sur le marché mondial de l’alimentation sont flambée de l’inflation dans les pays développés due à une forte augmentation des injections financières dans l’économie pour surmonter les effets négatifs du coronavirus pandémique; guerres commerciales ouvertes entre les principaux acteurs; persistance de contradictions aiguës dans la régulation des marchés agricoles; transition forcée d’un certain nombre de pays occidentaux vers l’énergie verte avec l’espoir de développer des sources d’énergie alternatives au détriment des combustibles traditionnels, baisse des investissements dans le développement du pétrole et du gaz. Tout cela a finalement conduit à une hausse des prix de l’énergie.

Il convient également de mentionner que, pendant la “crise du couronnement”, l’Occident collectif a en fait “pris en charge” les flux de produits de base, y compris les denrées alimentaires, aggravant ainsi la situation des pays en développement tributaires des importations alimentaires. Les faibles stocks de nourriture, les conditions climatiques défavorables (par exemple, une sécheresse prolongée en Amérique du Nord) et un sous-investissement général dans le secteur ont exacerbé la situation. En raison de la hausse des coûts du carburant et des engrais, les agriculteurs réduisent leurs superficies, ce qui entraîne une baisse de la production agricole alors que la demande continue d’augmenter. D’ici à la fin de 2021, une augmentation sans précédent des prix des engrais minéraux a été fixée: urée et nitrate – de 3,5 à 4 fois, autres types – de 2,5 à 3 fois.

Les sanctions économiques unilatérales imposées par l’Occident contre notre pays en février-mars 2022 ont accentué les tendances négatives sur le marché mondial de l’alimentation, de l’énergie et de l’industrie. Les restrictions de paiement et les difficultés logistiques ont également affecté les entreprises agricoles, qui ont rencontré des difficultés avec les services financiers et de transport pour les contrats alimentaires. Compte tenu du rôle de la Russie dans le commerce agro-industriel, cela ne peut qu’affecter l’approvisionnement en produits alimentaires de nos partenaires.

Toutefois, la Fédération de Russie, en tant qu’acteur responsable du marché alimentaire mondial, entend continuer à remplir de bonne foi ses obligations découlant des contrats internationaux en matière d’exportation de produits agricoles, d’engrais, de ressources énergétiques et d’autres produits critiques.

Source: Malijet

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