Procès en destitution de Trump: les sénateurs républicains affûtent leurs arguments

Le sénateur républicain Ted Cruz, le 30 septembre 2020 à Washington.
Le sénateur républicain Ted Cruz, le 30 septembre 2020 à Washington. AP – Ken Cedeno

Texte par :RFI

Le procès en destitution de Donald Trump, accusé « d’incitation à l’insurrection », entre dans son quatrième jour ce vendredi 12 février. Les avocats de l’ex-président prendront la parole pour démontrer que la « tragédie », comme ils disent, de l’attaque du Capitole par ses partisans, n’a aucun lien avec lui. Ils vont réclamer un acquittement. Mais avant leur entrée en scène, l’équipe juridique de Donald Trump a reçu jeudi la visite de trois sénateurs républicains. Et à Washington, on s’interroge sur la légalité de cet entretien.

Jeudi après-midi, Ted Cruz, sénateur du Texas, et ses deux collègues Lindsay Graham, de la Caroline du Sud et Mike Lee, de l’Utah, ont rencontré l’équipe juridique de Donald Trump. La réunion a eu lieu dans une salle au Sénat, utilisée par les avocats de la défense.

Selon un porte-parole de Mike Lee, les trois sénateurs républicains, tous fidèles soutiens de Donald Trump, ont été invités par les juristes du 45e président américain pour discuter de la stratégie à venir. Les sénateurs républicains ont, en effet, été très remontés contre Bruce Castor, l’un des avocats de l’ancien locataire de la Maison Blanche, après ses remarques confuses et chaotiques au début du procès.

« De toute façon, Donald Trump sera acquitté »

Seulement voilà : lors d’une procédure en destitution, les sénateurs sont à la fois jurés et juges. Alors, la rencontre de jeudi 11 février entre trois élus républicains et l’équipe de la défense de l’accusé était-elle légale ? Non, estiment les démocrates et de nombreux experts. Oui, a répondu Ted Cruz devant des journalistes, avant d’ajouter : « De toute façon, le résultat de ce procès en destitution est clair : Donald Trump sera acquitté. Il n’y aura pas assez de votes pour le condamner. »

La parole sera à la défense ce vendredi au Sénat. Ils prendront la parole, après deux jours où les démocrates ont développé leurs arguments contre le 45e président américain. Les avocats de Donald Trump espèrent un acquittement. Et l’ex-chef d’État « est très optimiste », selon l’un de ses représentants, David Schoen, interrogé par Fox News.

La liberté d’expression, argument clé de la défense de Trump

Christophe Cloutier-Roy, chercheur à l’Observatoire sur les États-Unis, décrypte la stratégie prévue par les républicains. Ils vont d’abord chercher à « établir que le procès n’est pas constitutionnel », « que l’on ne peut pas juger un président qui n’est plus en fonction ». L’autre argument majeur sera celui de la liberté d’expression. « On sait qu’aux États-Unis, c’est une notion qui est sacrée, à travers le premier amendement de la Constitution », rappelle Christophe Cloutier-Roy. Ainsi, la défense « va vouloir faire valoir le fait qu’on ne peut pas poursuivre le président pour des propos qu’il a tenus, parce que ce serait contraire, finalement, à sa liberté. Donc, il avait tout à fait le droit de tenir des propos mettant en doute les résultats de l’élection. »

Les avocats chercheront aussi à démontrer « qu’on ne peut pas établir de corrélation directe entre le discours du président (…) le 6 janvier, juste avant l’attaque du Capitole, et les événements qu’on a vus cette journée-là à Washington ». Enfin, la défense s’appuiera sur des preuves issues d’internet, selon lesquelles « des émeutes se préparaient avant le 6 janvier ».

Source : RFI

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