Procès des attentats de janvier 2015: le tribunal se penche sur le cas Hayat Boumeddiene

Hayat Boummedienne sur une photo rendue publique par la police française, le 9 janvier 2015.
Hayat Boummedienne sur une photo rendue publique par la police française, le 9 janvier 2015. AFP PHOTO / FRENCH POLICE

Texte par :RFI

Le procès des attentats de janvier 2015 en France se poursuit avec l’examen de personnalité des accusés. Ce 4 septembre, la fin d’après-midi a été consacrée à l’audition de proches d’Hayat Boumeddiene, la compagne du tueur de l’Hyper Cacher, Amédy Coulibaly, partie en zone-irako-syrienne quelques jours avant les attentats et qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt. Sa sœur a indiqué aux juges que leur dernier contact téléphonique datait d’octobre 2019.

Avec notre envoyé spécial au Tribunal de Paris, Laura Martel

Ce 4 septembre dans l’après-midi, la soeur d’Hayat Boumeddiene a d’abord raconté avoir vécu un « double choc » en janvier 2015 : celui « des crimes abominables de Charlie et Montrouge », dit-elle. Puis, le 9 janvier, quand le nom d’Amédy Coulibaly est sorti. « Il n’y a pas de mot pour expliquer l’état dans lequel j’étais, a-t-elle expliqué. On ne s’y attendait pas du tout. Ma soeur, cette barbarie, c’était une incompréhension totale. C’était très douloureux ».

Alors qu’elle pense sa soeur morte, elle reçoit un appel le 27 avril 2015. Hayat Boumeddiene affirme alors qu’elle n’était pas au courant de ce qui se tramait. « Elle m’a dit qu’elle pensait qu’Amédy Coulibaly allait la rejoindre et qu’elle ne voulait pas nous faire de peine », a-t-elle poursuivi. Interrogée sur l’état d’esprit d’Hayat Boumeddiene, sa soeur hésite : « Elle donnait l’impression de savoir ce qu’elle voulait mais j’avais aussi conscience de sa fragilité émotionnelle liée à notre histoire familiale. Difficile pour moi de dire si elle avait vraiment conscience de ses choix ».

Maintenir le lien

Les deux premières années, l’aînée reçoit deux appels par an de sa cadette, un seul les années suivantes, le dernier en octobre 2019. Sur leur contenu, elle reste évasive : « Ce sont des conversations simples pour prendre des nouvelles », selon elle. L’avocate générale, Julie Holveck, l’interpelle : « Je n’ai pas l’impression que vous donniez toutes les clés. Est-ce pour maintenir le lien que vous évitez de noircir le tableau ? »

« Je ne cherche ni à le noircir, ni à l’éclaircir, je cherche juste la justice comme toutes les personnes ici », affirme la quadragénaire. Avant d’ajouter : « Je maintiens ce lien parce que j’ai l’espoir qu’un jour, elle me dise “je veux revenir en France” ». « Et cela a un impact sur votre déclaration ? » relance la magistrate. « Je fais tout ce que je peux pour aider la justice », conclut le témoin.

Cette déclaration vient accréditer le témoignage d’une Française rentrée de Syrie, Sonia M., qui a affirmé avoir vu Hayat Boumeddiene, en octobre 2019, dans l’immense camp de réfugiés syrien d’Al-Hol. Selon cette dernière, entendue dans le cadre d’une autre procédure, Hayat Boumeddiene s’en serait depuis échappée, possiblement vers Idlib.

Hayat Boumeddiene, compagne du tueur de l’Hyper Cacher, Amédy Coulibaly, et figure du jihadisme féminin, est jugée depuis mercredi 2 septembre en son absence pour son rôle dans les attentats de janvier 2015. Partie pour la zone irako-syrienne quelques jours avant les attaques en compagnie des frères Belhoucine, jugés par défaut eux aussi dans ce procès, elle a été un temps donnée pour morte, jusqu’aux déclarations de cette Sonia M., en juillet.

Source : RFI

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