Présidentielle en Tunisie: Ennahdha appelle à voter Kaïs Saïed


Kaïs Saïed, 61 ans, est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle tunisienne.
© Anis Mili/AFP

Par RFI Publié le 20-09-2019 Modifié le 21-09-2019 à 01:59

En Tunisie, cinq jours après le premier tour de l’élection présidentielle, l’heure est aux tractations. Si le candidat emprisonné Nabil Karoui a enregistré peu de soutiens officiels des candidats vaincus, en revanche Kaïs Saïed engrange les ralliements. Dernier en date, celui d’Ennahdha.

Sans grande surprise, le parti d’inspiration islamiste va soutenir le candidat conservateur. L’annonce a été faite par le président du conseil de la Choura du mouvement Ennahdha qui a précisé que la priorité de son parti était les élections législatives du 6 octobre. Un scrutin pour lequel Kaïs Saïed ne présente aucun candidat puisqu’il n’a précisément pas de parti politique.

Ajmi Lourimi, membre du bureau exécutif de Ennahda, explique les raisons de ce choix.

Pour son intégrité, sa probité, sa proximité avec les citoyens. Nous considérons qu’il est plus proche des valeurs de la révolution tunisienne, qui se résume dans la liberté, la dignité, la justice sociale et la démocratie. […] Il n’y pas eu de négociations avec l’un ou l’autre des candidatsAjmi Lourimi21-09-2019 – Par Florence Morice

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Hors parti

Le vainqueur du premier tour se plaît à rappeler régulièrement qu’il est hors parti et qu’il n’envisage aucun changement de cap malgré les ralliements. Avec ce soutien d’Ennahdha, si l’on reporte les pourcentages de voix des différents candidats du premier tour qui se sont déclarés en faveur de Kaïs Saïed, celui-ci pourrait déjà compter sur quasiment 50% des voix. Mais les reports de voix ne sont pas un exercice mathématique et nul ne doute que le ralliement officiel d’Ennahdha risque de réveiller le sentiment anti-islamiste qui avait primé lors de la dernière présidentielle.

Rejet des partis traditionnels ?

Si les ralliements actuels visent officiellement le second tour du scrutin présidentiel, les partis cherchent aussi à se positionner face aux électeurs en vue des élections législatives qui pourraient confirmer le rejet des partis traditionnels.

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