Pierre Cardin : le grand couturier est mort

 Pierre Cardin dans les années 70
Pierre Cardin dans les années 70

Le célèbre couturier Pierre Cardin est mort le mardi 29 décembre 2020. Il était âgé de 98 ans. Retour sur une carrière unique dans les annales de la haute couture.

Le couturier Pierre Cardin, de son vrai nom Pietro Costante Cardine, est mort à l’âge de 98 ans, dans la matinée du 29 décembre 2020 à l’hôpital américain de Neuilly, dans l’ouest de Paris. Sa famille a annoncé sa disparition dans un communiqué, saluant sa carrière de grand couturier : “Jour de grande tristesse pour toute notre famille, Pierre Cardin n’est plus. Le grand couturier qu’il fut, a traversé le siècle, laissant à la France et au monde un héritage artistique unique dans la mode mais pas seulement. Nous sommes tous fiers de son ambition tenace et de l’audace dont il a fait preuve tout au long de sa vie. Homme moderne aux multiples talents et à l’énergie inépuisable, il s’est inscrit très tôt dans les flux de la mondialisation des biens et des échanges.”

Pierre Cardin, unique couturier à être resté indépendant, était considéré comme “un trésor national vivant.” L’homme, venu au milieu des années 20 d’Italie avec ses parents fuyant Mussolini, a fait une carrière tout simplement incroyable. Il se rêvait acteur, mais, à 20 ans, une voyante le convainc qu’il va avoir un destin hors norme et lui glisse le nom d’un contact chez la couturière Jeanne Paquin. Il va y suivre sa formation, confectionner les masques et costumes du film culte La Belle et la Bête puis décrocher le job de premier tailleur chez Christian Dior.

Parti en très bons termes avec son mentor, Pierre Cardin fondera sa maison de couture en 1950. C’est Christian Dior, beau joueur, qui lui envoie ses premiers clients. Il se fait remarquer en 1953 avec une collection futuriste, marquée par une célèbre robe bulle. Libération rappelait dans un portrait qu’ensuite, ses robes cylindres aux formes anguleuses ont donné le La de la mode féminine. Tout comme, côté messieurs, ses costumes à col Mao, popularisés à la fin des années 60 par les Beatles.

Pierre Cardin et Claudia Cardinale à l’Espace Cardin en 1975
Pierre Cardin et Claudia Cardinale à l’Espace Cardin en 1975

Une maison de couture indépendante

Très vite, Pierre Cardin se diversifie pour préserver l’indépendance financière de sa maison de couture qu’il saura défendre jusqu’à sa mort. Pour faire rentrer l’argent, il pose son nom sur plus de 700 objets différents. Stylos, parfums, cravates, tee-shirt, sacs, même des cigarettes ! Dans Le Point, il expliquait en juillet 2019 : “Je suis le premier à avoir fait de mon nom une marque et à l’avoir apposé sur des centaines d’objets du quotidien. On m’a beaucoup reproché d’avoir cassé les frontières entre art et commerce. Cela m’a pourtant permis de rester indépendant.” Pierre Cardin ne s’est pas contenté de haute couture et de merchandising. Il a aussi acheté beaucoup d’immobilier. Sa fortune évaluée en 2019 par Challenges à 600 millions € lui permettait de posséder une cinquantaine de maisons ainsi que le palais Bulle sur la Côte d’Azur ou le restaurant Maxim’s. À l’été 2019, il s’affairait à ouvrir un centre culturel dans une ancienne gigantesque laiterie d’Houdan qu’il avait acquise dans les Yvelines.

“Je suis difficilement remplaçable”

Au fil des années, sa routine de travail est toujours restée la même. Il expliquait au Point : “C’est comme il y a 50 ans. Je vais à l’atelier, je tiens les comptes et je dessine.” Mais Pierre Cardin a aussi su faire sortir les défilés des salons cossus. Ses mannequins ont présenté ses créations sur la place rouge à Moscou, dans le désert de Gobi ou le long de la Grande Muraille de Chine. Pour lui, pas de fashion-week. Pierre Cardin tonnait dans Libération : “Je suis un sauvage et je n’aime pas qu’on m’impose les décisions.

Pierre Cardin qui, même à la fin de sa vie, signait lui-même les salaires de ses employés, ne savait pas trop qui prendrait sa suite. Au Point, il expliquait : “Je suis difficilement remplaçable. Je suis à la fois président, directeur financier, chef du personnel, designer, couturier, modéliste. […] Jean-Paul Gaultier qui fut mon apprenti […] a eu cette phrase amusante à mon égard : “Pierre Cardin c’est à lui seul Yves Saint-Laurent, Pierre Bergé et la première d’atelier réunis.”” Le créateur s’estimait comblé. À nos confrères, Pierre Cardin confiait : “J’ai tout ce qu’un homme peut désirer. Je ne regarde pas vers l’arrière, mais de l’avant. Encore aujourd’hui.

Diaporama réalisé par Arabelle Combet.

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