Pablo Sarabia : pourquoi des débuts si difficiles au PSG ?

 Par Ambre Godillon, Yahoo Sport

Recruté cet été pour venir apporter du sang neuf sur les ailes du Paris Saint-Germain, Pablo Sarabia s’est enfin montré décisif face à Galatasaray. Zoom sur les débuts complexes de l’Espagnol.

Déjà trois mois, que Pablo Sarabia a posé un pied dans la capitale française. Repéré du côté de l’Andalousie, l’Espagnol dynamitait les défenses ibériques à coup de statistiques plutôt flatteuses : pas moins de 23 buts et 17 passes décisives toutes compétitions confondues la saison passée sous le maillot du FC Séville.

Débarqué au Paris Saint-Germain avec l’humilité d’un néo-international voué à jouer les seconds rôles, malgré ses 52 rencontres disputées la saison passée, le nouveau numéro 19 savait qu’il faudrait montrer ses qualités vite et bien pour prétendre chatouiller un Angel Di Maria ultra-décisif sur son aile parisienne, et espérer gratter du temps de jeu aux côtés des Neymar, Mbappé, Cavani ou Icardi.

Et comme le malheur des uns fait le bonheur des autres, c’est presque dans la peau d’un titulaire à part entière que Sarabia a démarré sa saison à Paris, profitant de l’hécatombe qui rongeait l’attaque francilienne. Résultat : déjà 10 matches joués sur les 11 rencontres disputées par le Paris Saint-Germain depuis le début de saison, et un seul match manqué, face à Lyon, pour cause de blessure musculaire.

Sur le papier, le contexte était donc idéal pour permettre à l’attaquant de s’imposer en douceur, sans la pression des superstars en attaque, et montrer ses qualités dans un effectif très amoindri.

Mais alors, c’est quoi le problème ?

Le souci, si c’en est vraiment un, c’est que Thomas Tuchel compte sur Pablo Sarabia parce qu’il a un profil assez proche de son Fideo : capable de créer de la profondeur dans le dos de la défense adverse, de les déséquilibrer par des courses lancinantes entre le cœur du jeu et son couloir, mais aussi en tentant énormément. Car qui dit pléthore d’occasions dit souvent danger dans la surface.

Alors il y a deux choses notables sur ce début du frêle attaquant.

La première, et on ne peut lui enlever, c’est qu’il tente en effet beaucoup. Dans la profondeur et en repiquant, sur son aile et dans l’axe, en cherchant Gueye, Verratti ou Meunier, en essayant de trouver Neymar ou de propulser Di Maria. Sarabia ne lésine pas sur les efforts, et avale les kilomètres tout au long des rencontres que Tuchel lui offre.

La seconde, et ça ne fait plus de mystères, c’est qu’il vendange aussi beaucoup trop et ne se montre pas franchement décisif… Aucun but et aucune passe décisive à se mettre sous la dent sur ses 9 premiers matchs officiels (il avait marqué lors de la préparation estivale). Des mauvais choix dans les passes, du déchet à en pleuvoir dans son jeu, et bien souvent une difficulté à s’inscrire dans le bon tempo de ses coéquipiers pour combiner proprement. Ce mardi, à titre d’exemple, à Istanbul, il aura justement fallu attendre sa passe décisive dans une merveille d’action collective, pour enfin lui permettre de faire la différence.

Mais sur le reste de la rencontre, l’ancien Sévillan n’a remporté que 14% de ses duels sur la pelouse stambouliote… Illustration de sa difficulté à passer le rempart Marcao, mais aussi à mieux lire le jeu pour éviter de se faire enrhumer.

D’ailleurs, il suffit d’éplucher ses matchs toutes compétitions confondues cette saison pour noter que le n°19 perd en moyenne 13 ballons par rencontre… Un déchet légitime quand on connaît les risques du poste, et qu’on sait combien Di Maria ou Neymar polarisent le jeu. Mais un peu moins, quand on s’aperçoit qu’il n’est pas contrebalancé sur le plan offensif, puisque Sarabia n’a réussi que 5 centres depuis le début de la saison, et n’a jamais tiré plus de deux fois aux but dans un même match.

Mais face à Galatasaray, peut-on typiquement lui reprocher ses faiblesses, quand on voit à quel point il tente d’inverser la tendance ? Force est de constater que Sarabia n’a jamais cessé de percuter, provoquer, chercher les espaces et ses partenaires. Sa passe décisive n’est qu’un moindre mal, au regard de toute sa débauche d’énergie depuis le début de la saison.

QUELLES SOLUTIONS ?

Pablo Sarabia est un bon joueur, et il ne faut pas en douter. Mais comme tout joueur aussi qui se délocalise dans un championnat qu’il ne connaît pas, il a besoin de temps, de s’accommoder des habitudes de jeu pour briller.

Et surtout, le natif de Madrid a besoin de stabilité. Car si l’on devait essayer de comprendre pourquoi il se précipite tant dans le dernier geste et semble parfois se chercher sur le terrain, c’est aussi parce qu’il manque cruellement de repères, n’ayant pas joué trois fois consécutivement à son poste depuis son arrivée. Voilà qui peut ainsi expliquer pourquoi un nouvel arrivant, en quête de stabilité, qui évolue pour la première fois de sa carrière dans un top club européen, dans un nouveau championnat, aura besoin d’un peu de temps pour être le plus performant possible.

À Paris, Sarabia découvre une nouvelle manière de jouer, un nouveau collectif, de nouveaux efforts défensifs à fournir. Mais nul doute non plus, quand on voit qu’il touche en moyenne 10 ballons par match dans la surface adverse, qu’il deviendra très vite assez dangereux pour remplir son objectif : être en situation de créer la dernière passe. Sa moyenne de 80% de passes réussies toutes compétitions confondues – un ratio correct pour un attaquant – plaide également en sa faveur.

Non, il n’aura pas besoin de s’étoffer pour devenir plus rugueux, car ce n’est pas pour ça que Tuchel le voulait tant. Sarabia a ouvert ce mardi soir son compteur officiel de passes décisives. Espérons simplement pour lui que ce soit le début d’une longue liste, qui fasse enfin honneur à son aura andalouse. Une chose est sûre, l’Espagnol a déjà la qualité première que Tuchel et Leonardo recherchaient : la volonté de ne rien lâcher.

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