Neuf à douze militaires seulement au Conseil national de transition malien?

Le colonel Malick Diaw, vice-président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), au ministère de la Défense malien, le 20 août 2020. Il était apparu sans treillis lors de l'installation du CNT, samedi 5 décembre.
Le colonel Malick Diaw, vice-président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), au ministère de la Défense malien, le 20 août 2020. Il était apparu sans treillis lors de l’installation du CNT, samedi 5 décembre. MALIK KONATE / AFP

Texte par :David Baché

Une semaine après l’annonce de sa composition, le nombre de militaires qui siègent réellement au sein de ce conseil n’a jamais été révélé.

Au Mali, les membres du Conseil national de transition ont travaillé en séance plénière jeudi 10 décembre sur le projet de règlement intérieur, qui devra encore être validé par la Cour constitutionnelle. Les travaux du CNT débuteront ensuite, peut-être dans le courant de la semaine prochaine. Le CNT, organe législatif de la transition, compte 121 sièges, dont la répartition et les conditions d’attribution sont toujours vivement critiquées par de nombreux acteurs politiques, par les groupes armés signataires de l’accord de paix ou encore par des organisations de la société civile. Beaucoup dénoncent un accaparement de la transition malienne par les militaires. Pourtant, leur nombre précis est toujours inconnu au bataillon.

« Ils sont peut-être neuf, en tout cas ça ne dépasse pas douze. » Les décrets publiés il y a un mois, avant la nomination des membres du CNT prévoyaient 22 sièges sur 121 pour les représentants des forces de défense et de sécurité. Mais ce conseiller direct de la junte, propulsé membre du Conseil national de transition, explique qu’il a lui-même été nommé sur la part attribuée aux militaires. « Je ne fais partie d’aucun groupement politique ou associatif, précise-t-il, les militaires avaient le pouvoir de désigner qui ils voulaient sur leur quota : ils ont pris beaucoup d’experts, comme moi. »

Ce qui démonte de manière évidente, selon cette source, les accusations d’accaparement de la transition par les militaires.

Neuf à douze militaires seulement, l’estimation est approximative et difficilement vérifiable, puisque les qualités et grades des personnes nommées ne sont pas précisés sur la liste officielle.

Sans treillis

De nombreux membres du Conseil contactés par RFI expliquent d’ailleurs n’avoir aucune idée du nombre de militaires siégeant effectivement à leur côté. Et impossible de se fier aux uniformes : « ils sont tous en civil », précise l’un d’entre eux. 

C’était d’ailleurs le cas du colonel Malick Diaw, numéro 2 de la junte, qui était apparu sans treillis pour la toute première fois samedi dernier, lors de l’installation du CNT et de son élection à la présidence du Conseil.

Un autre membre du CNT, issu du monde politique et a priori sans lien avec l’armée, croit savoir que les militaires sont bien au nombre de neuf. Chiffre qu’il explique avoir obtenu en interrogeant directement des officiers siégeant au CNT. « Ça montre, estime-t-il, que les militaires ne cherchent pas à faire main basse sur les institutions contrairement à ce que disent certains acteurs politiques. » 

Sollicitée sur le sujet, la présidence, qui a validé les nominations, n’a pas donné suite.

Quant à la Cédéao, qui avait imposé aux militaires de la junte, au lendemain de leur coup d’État du 18 août, d’accorder plus de place aux civils dans les organes de la transition, elle indique ne pas avoir été informée de leur nombre réel au sein du CNT.

Source : RFI

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