Mohamed Bazoum (Niger) : «Je serai dans la continuité de Mahamadou Issoufou»

L'ancien ministre de l'Intérieur, Mohamed Bazoum, est candidat à l'élection présidentielle nigérienne du 27 décembre.
L’ancien ministre de l’Intérieur, Mohamed Bazoum, est candidat à l’élection présidentielle nigérienne du 27 décembre. © AFP/ ISSOUF SANOGO

Par :Magali Lagrange

Les Nigériens sont appelés aux urnes le 27 décembre prochain pour les élections présidentielles et législatives. 30 candidats sont en lice pour succéder à l’actuel chef de l’État. Mahamadou Issoufou passera la main après avoir effectué deux mandats. Son candidat et celui de son parti, le PNDS, est Mohamed Bazoum, qui a été ministre de l’Intérieur et des Affaires étrangères. En ligne de Niamey, Mohamed Bazoum répond aux questions de Magali Lagrange.

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RFI : Vous êtes le candidat du PNDS, le parti de l’actuel chef de l’État Mahamadou Issoufou. Est-ce que vous représentez une continuité par rapport à sa présidence, ou est-ce que vous comptez vous démarquer de lui, et comment ?

Mohamed Bazoum : Non, je serai dans la continuité du travail entrepris par le président Issoufou, et ce d’autant plus que j’ai été pendant ces dix années tout à fait à ses côtés, et j’assume son bilan. Je vais le consolider et je vais avancer.

Alors justement en terme de bilan, ces dernières années ont été marquées par une hausse de l’insécurité au Niger. N’est-ce pas un handicap d’être le dauphin d’un président dont le bilan sécuritaire est controversé ?

Non, son bilan sécuritaire ne saurait être controversé. Le problème qui se pose à nous, c’est que nous n’avons pas de groupes qui sont sur notre territoire qui auraient des revendications relativement à notre politique. Nous sommes obligés de faire face aux effets induits de situations qui prévalent ailleurs. Elles nous créer des désagréments, c’est vrai, à la frontière du Mali et aussi à la frontière du Nigeria, dans le bassin du lac Tchad.

Mais n’y a-t-il pas des problèmes au Niger qui entraînent cette insécurité également ?

Non. Nous n’avons jamais entendu un acteur nigérien assumer sa rébellion contre l’Etat du Niger à travers des griefs qui auraient fait l’objet de diffusions et qui auraient eu un contenu sur lequel nous aurions le cas échéant pu nous pencher.

Le taux de croissance démographique du Niger est l’un des plus élevés au monde. Est-ce un défi ? Et comment le relever ?

C’est un grand défi en effet, parce que nous avons besoin d’assurer des soins à des enfants très nombreux. Nous avons besoin de les éduquer, de les former, de leur trouver un emploi. Ça, ce sont des défis pour tous les États. Et c’est d’autant plus grave lorsqu’il s’agit d’un pays dont les ressources sont très limitées, comme c’est notre cas.

Prévoyez-vous la création d’un planning familial ?

Je ne pense pas que ça puisse être une mesure administrative comme ça qui règle le problème. Je compte mobiliser la communauté internationale et les citoyens nigériens pour que nous créions des internats dans les collèges d’enseignement général ruraux. Si nous assurons une bonne éducation à ces enfants, elles vont passer beaucoup de temps à l’école et ça sera autant de couches qu’on leur aura évitées. Et une fois qu’elles auront acquis des diplômes, elles seront dans des villes avec un niveau d’instruction qui leur permettra d’assurer un meilleur contrôle sur leur corps.

Vos détracteurs disent que vous ne seriez pas né au Niger, et donc pas éligible. Que leur répondez-vous ?

Je leur réponds que je suis né au Niger, qu’ils le savent. J’ai présenté les mêmes pièces qu’on demande pour être candidat à la présidence de la République, lorsque j’étais candidat à la députation en 1993, en 1996, en 1999, en 2004, en 2011, en 2016, elles n’ont jamais posé problème. Au demeurant, la loi instituant code de nationalité au Niger date de 1961 et il y est dit que celui qui a sa résidence habituelle au Niger est considéré comme nigérien d’origine. Même à supposer que je sois né en Australie, à partir du moment où en 1966 j’ai été inscrit dans une école du Niger, je suis devenu nigérien d’origine. C’est ça le droit.

Le principal opposant d’il y a cinq ans, Hama Amadou, a vu sa candidature invalidée par la Cour constitutionnelle, en raison de sa condamnation. Que dites-vous à ceux qui estiment que la Cour est sous influence et que vous aviez peur d’affronter celui qui a mis le président Issoufou en ballotage ?

La Cour a appliqué le Code pénal et le code électoral, dois-je lui faire grief d’appliquer les lois ? En tout cas, ce n’est pas ma vision des choses.

Certains de vos partisans appellent au coup KO. Au vu des premiers résultats des élections locales, comment voyez-vous les choses ? Est-ce que vous pensez être en ballotage ou pariez-vous aussi sur le coup KO ?

Tous les paris sont possibles. Si je regarde les résultats du scrutin qui vient de se dérouler dimanche dernier, avec le parti de ma coalition nous comptons presque 60% de conseillers déjà élus. C’est une référence, nous sommes convaincus qu’elle exprime la réalité du rapport de forces politiques. Si je suis élu au premier tour, je le serai parce que le peuple l’aura voulu. Si je ne devais pas l’être, nous allons envisager un second tour.

Mais en cas de second tour, l’opposition appelle à s’unir pour vous faire face…

Elle avait dit la même chose l’autre fois.

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