Me Mamadou Gakou tire sa révérence : Un vibrant hommage lui a été rendu par le Barreau

Par Aujourd’hui-Mali 

Me Mamadou Gakou tire sa révérence :  Un vibrant hommage lui a été rendu par le Barreau

Le Barreau malien est en deuil. Me Mamadou Gakou, émérite homme de droit, ayant fait la fierté de l’Ordre pendant près de quatre décennies raccroche sa toge d’avocat à jamais. Il est décédé le dimanche 26 juin 2022 des suites d’un accident vasculaire cérébral (AVC) qui l’a fait hospitaliser pendant deux jours à l’hôpital Gabriel Touré. Me Mamadou Gakou repose désormais dans sa dernière demeure à Banamba, sa ville natale, depuis le lundi 27 juin 2022.

Le dimanche 26 juin 2022, un hommage mérité a été rendu à Me Mamadou Gakou par ses collègues du Barreau et de la grande famille judiciaire du Mali à son domicile à Bamako avant que le corps ne soit remis à la famille pour la suite du cérémonial à Banamba. Pendant l’oraison funèbre, le bâtonnier de l’Ordre des avocats du Mali, Me Moustapha Cissé, a qualifié le défunt d’homme pétri de valeurs et d’une densité intellectuelle remarquable. “Estimé confrère, cher aîné, tu pars bien trop tôt. Ton immense savoir, ton immense talent de plaideur hors pair, le latin du Barreau et l’orfèvre de la plume, tes confrères ont inondé le forum de qualificatifs dignes des grands esprits de ce monde […] Tu laisses un immense vide derrière toi, mon cher confrère”, déclare Me Cissé tout en présentant les condoléances du barreau malien à la famille du défunt. Dans les témoignages, le riche parcours de l’illustre disparu, qui fut un brillant avocat, enseignant et homme politique, a été souligné. Me Mamadou Gakou a été l’un des pères fondateurs de la jeune démocratie malienne.

Après son baccalauréat en philosophie-lettres classiques au lycée Askia Mohamed en 1973, il s’est envolé pour la France où il a cumulé des diplômes dans de prestigieuses universités. Me Gakou a obtenu une licence en droit privé à l’Université de Besançon, puis une maîtrise à l’Université de Grenoble. Plus tard, il a fait un diplôme d’études approfondies (DEA) et un doctorat en droit privé à l’Université Jean Moulin de Lyon avant d’obtenir un Certificat d’aptitude à la profession d’avocat (Capa). Le défunt était aussi diplômé de l’Institut politique de Grenoble section : économie et finance et titulaire d’un diplôme d’études générales en commerce et marketing.

Avec ce bagage intellectuel et après deux ans de stage au cabinet de Me Jacques Vergès, il retourne au bercail et devient plus tard enseignant à l’Ecole nationale d’administration (ENA) en 1984. Me Gakou a été un enseignant émérite, professeur de droit qui a pétri de ses mains d’orfèvre plusieurs générations d’étudiants en droit.

Ecrivain, romancier du droit, critique littéraire, chroniqueur et éditorialiste, il faisait jaillir la lumière de ses analyses dans les colonnes du journal L’Indépendant et fut un défenseur inconditionnel des droits de l’Homme et de la liberté d’expression.

Me Kassoum Tapo, l’un des compagnons de longue date de l’illustre disparu indique qu’il était un ami pour lui. “Il fut un compagnon et véritablement un des plus grands du Barreau malien. C’est une très grande voix qui s’éteint. C’était un homme de talent, de grande culture et un grand humaniste. C’est un jour triste pour le Barreau malien”, martèle-t-il.

Me Boubacar Soumaré ajoute : “Je retiens de lui un grand intellectuel, un avocat modeste, une référence tant au Mali qu’en Afrique et dans le reste du monde”. Me Mamadou Gakou était également un homme politique, président de la Convention parti du peuple (COPP), il a été député de Banamba à l’Assemblée nationale en août 1997. Il a aussi été 4e vice-président de l’Assemblée nationale du Mali, membre de la commission loi, rapporteur général du nouveau code pénal, du nouveau code de procédure pénale, membre de la commission de défense nationale et de la sécurité et rappeur spécial sur la Haute Cour de justice.  De son côté, Boubacar Sidiki Diarrah, représentant du ministre de la Justice, a également salué la mémoire du défunt. “Me Mamadou Gakou a été un brillant et célèbre avocat qui a porté haut le flambeau. Nous l’avions connu en tant que grand frère. Il nous a beaucoup inspiré. C’est une grande perte pour la nation”, rappelle-t-il.

Père de cinq enfants, Mohamed Lamine Gakou, seul garçon de la fratrie, retient de Me Gakou, “un père aimant et bienveillant à l’égard de ses enfants et de son épouse. Il restera à jamais une étoile pour la famille”, mentionne-t-il sous le choc.

Marie Dembélé

Source: Aujourd’hui-Mali

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