Mali : le Conseil de sécurité proroge d’un an le mandat de la MINUSMA sans augmentation d’effectifs

Par ONU –

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Mali : le Conseil de sécurité proroge d’un an le mandat de la MINUSMA sans augmentation d’effectifs

CONSEIL DE SÉCURITÉ 8809E SÉANCE – APRÈS-MIDI – CS/14567 – 29 JUIN 2021 | Réunis en personne, cet après-midi, les 15 membres du Conseil de sécurité ont décidé de proroger le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) jusqu’au 30 juin 2022, avec un effectif maximal qui reste fixé à 13 289 militaires et 1  920 policiers. La résolution 2584 (2021) a été adoptée à l’unanimité, mais a fait l’objet de plusieurs explications.

L’impérieuse nécessité de respecter la période de transition de 18 mois qui a été décidée lors de la réunion des chefs d’État de la CEDEAO le 15 septembre 2020, et qui est définie dans la charte de transition, est réaffirmée dans ce texte par le Conseil qui se déclare vivement préoccupé par la détérioration constante de la situation politique, des conditions de sécurité et de la situation humanitaire au Mali.

Dans ce délai de 18 mois, le Conseil attend du Gouvernement de transition malien qu’il organise des élections présidentielle, législatives, régionales et locales libres et régulières, ainsi qu’un référendum constitutionnel, « de manière transparente et inclusive, avec la participation pleine, égale et véritable des femmes, des jeunes, des réfugiés et des déplacés ». Il rappelle que l’élection présidentielle doit se tenir le 27 février 2022. Il réaffirme à cet égard que le Chef de la transition, le Vice-Président et le Premier Ministre de la transition ne devraient en aucun cas être candidats.

Dans ce texte, les parties maliennes sont exhortées à appliquer des « mesures prioritaires » comme l’achèvement de la transition politique, du rétablissement de l’ordre constitutionnel et du transfert du pouvoir aux autorités civiles démocratiquement élues. Il leur faut aussi parvenir à un accord sur la chronologie des réformes politiques et institutionnelles envisagées par l’Accord et la réforme constitutionnelle, ainsi qu’à un accord sur l’élaboration d’une réforme inclusive du secteur de la sécurité. Le Conseil demande aussi aux parties maliennes de lancer l’ensemble des 16 projets du Fonds pour le développement durable approuvés par le comité directeur. Accroître la représentation véritable des femmes dans tous les mécanismes du Comité de suivi de l’Accord est une autre « mesure prioritaire ».

La « principale priorité stratégique » de la MINUSMA demeure, précise le Conseil, d’appuyer la mise en œuvre de l’Accord par les parties maliennes ainsi que par d’autres parties prenantes maliennes, ainsi que la transition politique. La « seconde » est de faciliter l’application par les acteurs maliens d’une stratégie globale axée sur les aspects politiques et visant à protéger les civils, à réduire les violences intercommunautaires, à restaurer l’autorité et la présence de l’État et à rétablir les services sociaux de base dans le centre du Mali.

Dans ce texte, le Conseil prie le Secrétaire général de veiller à ce que la Mission, les Forces de défense et de sécurité maliennes, la Force conjointe du G5 Sahel, les Forces françaises et les missions de l’Union européenne au Mali coordonnent leurs activités, échangent des informations et se prêtent l’appui voulu, « dans le cadre de leurs mandats respectifs et des mécanismes existants ».

Cette résolution rappelle aussi la nomination récente, le 15 mars, d’El-Ghassim Wane comme nouveau Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali et Chef de la MINUSMA, en s’en félicitant.

Plusieurs membres du Conseil ont pris la parole après l’adoption du texte. « Il faut un réajustement de notre appui », a plaidé le groupe A3+1 (Kenya, Niger, Tunisie et Saint-Vincent-et-les Grenadines), par la voix du représentant du Niger, jugeant l’appui sécuritaire fourni en deçà de ce qui est nécessaire pour éradiquer le terrorisme au Mali. L’accompagnement onusien est essentiel pour la recherche d’une solution à la crise malienne, ont estimé ces quatre membres du Conseil qui auraient souhaité une cohérence accrue de cet appui onusien, pour le bien du peuple malien. Ils ont plaidé pour l’exploration d’autres options.

Le délégué des États-Unis a appelé à une distinction claire entre les opérations de maintien de la paix et les autres opérations. « Le G5 Sahel dirige la Force conjointe, non ce Conseil. » Il a demandé l’exploration d’autres options pour le soutien à la Force, un soutien qui respecte les droits humains. Les autorisations au titre du Chapitre VII ne sont pas autorisées pour cette Force, a-t-il rappelé. Il a par ailleurs rejeté l’idée d’un financement onusien pour un bureau d’appui à la Force, avant de rappeler le soutien de son pays au Sahel. Il s’est également dit consterné par le manque d’appui à une collecte par l’ONU d’informations sur les changements climatiques. Pour les élections de 2022, il a rappelé que les actuels Président et Premier Ministre ne devront pas être candidats.

Le délégué de l’Inde a lui aussi souligné le rôle de stabilisation essentiel que joue l’ONU au Mali, en rappelant que la lutte contre le terrorisme incombe aux autorités maliennes, les Casques bleus jouant un rôle d’appui. Il a critiqué une formulation dans le libellé de la résolution qui pourrait laisser à penser que les pays contributeurs de troupes ne sont pas professionnels.

Saluant le renouvellement du mandat de la MINUSMA, le délégué du Royaume-Uni a aussi apprécié son réajustement en vue d’appuyer la mise en œuvre de l’Accord de paix et de protéger les civils dans le Centre. Les négociations ont montré qu’il n’y a pas de consensus au sein du Conseil en ce qui concerne un soutien onusien à la Force conjointe du G5 Sahel, a-t-il confirmé, en indiquant que l’action de la Force sera limitée sans un accent mis sur la gouvernance. « Nous avons de profondes préoccupations s’agissant de l’implication de l’ONU dans des opérations nationales de contre-terrorisme. » Il a plaidé en faveur de l’impartialité et la sécurité du personnel onusien et appelé à considérer d’autres options pour un soutien à la Force, y compris par d’autres organes que l’ONU. Nous souhaitons des discussions franches sur le sujet dans les mois à venir, a conclu le délégué.

Le représentant de la Chine a, pour sa part, formulé des réserves sur le paragraphe 19 de la résolution, qui demande au Secrétaire général de fournir un rapport sur le plafond du personnel en tenue, sujet sur lequel il a déjà présenté un rapport le 1er juin. Lui demander de présenter un rapport sur la même question à un mois d’intervalle n’est pas judicieux, a-t-il estimé. Le délégué a également noté que la formulation du paragraphe 46 peut donner lieu à des malentendus, exprimant dès lors ses réserves à son égard.

Source: ONU

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