Macron face à une triple crise

Emmanuel Macron a annoncé un deuxième confinement national, mercredi 28 octobre 2020, sur les chaînes de télévision française, pour tenter de lutter contre une deuxième vague du coronavirus résurgent dans le pays.
Emmanuel Macron a annoncé un deuxième confinement national, mercredi 28 octobre 2020, sur les chaînes de télévision française, pour tenter de lutter contre une deuxième vague du coronavirus résurgent dans le pays. AP Photo/Christophe Ena

Par :Véronique Rigolet

Politique, le choix de la semaine revient sur l’actualité tragique qui submerge le quinquennat d’Emmanuel Macron.Le président est désormais en première ligne pour gérer une triple crise : sanitaire, économique et terroriste.

« Qu’est-ce qui pourrait nous arriver de plus ? Une météorite ? » s’interrogeait un ministre, la semaine passée, dans la vague d’émotion qui a suivi l’assassinat du professeur Paty. La question bien sûr se voulait faussement naïve. La réponse tragique, elle, n’aura guère tardé. La tuerie jihadiste de Nice jeudi 29 octobre est venue plomber le climat déjà terriblement anxiogène d’une France tout juste contrainte à un nouveau confinement sanitaire. Et voilà, Emmanuel Macron dont le quinquennat a été depuis trois ans constamment bousculé par les crises : des « gilets jaunes », des manifestations liées à la réforme des retraites et du Covid – désormais en première ligne pour gérer une triple crise : sanitaire, économique et sécuritaire. Rarement un chef de l’État n’avait eu autant de crises d’une telle intensité à gérer simultanément. Et qui plus est sans véritable unité politique nationale derrière lui. « Le président est trop seul » tranche un ancien ministre de droite « sa verticalité est une vraie source de difficulté. Cela avait déjà été le cas lors de la crise des “gilets jaunes” ». « C’est la nature d’Emmanuel Macron », reconnait un député de la majorité rejoignant ainsi les récriminations de l’opposition, « il n’aime pas partager et il ne partage pas ».

Ce manque d’unité est une pression supplémentaire sur le président très attendu notamment dans la gestion de la crise terroriste.

Alors que les Français sont en demande de protection face à l’enchaînement des attentats islamistes, plusieurs personnalités de droite en appellent ainsi à la mise en place de lois d’exception pour contrer le terrorisme. Quitte à remettre en cause l’état de droit. Une véritable surenchère sécuritaire : la patronne du RN, Marine Le Pen, demande « une législation de guerre », le maire LR de Nice Christian Estrosi « une modification de la constitution » pour mener la guerre et son rival le député Éric Ciotti propose lui « un Guantanamo à la française ». Alors que le président a promis de muscler son projet de loi sur les séparatismes, cette pression venue de la droite constitue un vrai piège politique puisque le projet de loi ne sortira pas du cadre du droit déjà existant. Il n’y aura donc pas de lois d’exception. De quoi relancer pour les oppositions, le procès en impuissance du gouvernement à 18 mois de la présidentielle. Et alors que seuls 26% des Français, selon un sondage récent, font confiance au gouvernement dans la lutte contre le terrorisme.

Source : RFI

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