Lutte contre la criminalité et le terrorisme : Les Gabelous à l’avant-garde du combat

C’est une erreur de croire que la douane est réduite à sa simple dimension fiscale. Depuis quelques années, elle a fait sa mue pour se placer à l’avant-garde de la lutte contre la criminalité sous toutes ses formes. De ce fait, elle participe qualitativement à la lutte contre le terrorisme malgré ses modestes moyens. A ce jour, les résultats obtenus sur ce terrain sont plus qu’éloquents. Nous sommes allés, pour en savoir davantage, auprès des autorités de l’administration douanière. Lisez plutôt !

L’avènement du terrorisme dans notre pays, à l’instar des autres États du Sahel et même du reste du monde, impose à l’administration des Douanes une espèce de mue.

Traditionnellement, la lutte contre le grand banditisme et le terrorisme fait partie des missions qu’elle mène au quotidien en soutien aux autres services de sécurité. Cette tâche est assignée à l’ensemble des agents sur le territoire national sous la coordination Direction du Renseignement et des Enquêtes douanières avec les orientations de la haute hiérarchie douanière.

En effet, le code des douanes (qui est une loi) impose à l’administration douanière la protection de la population contre la contrebande, la criminalité, le trafic humain, le trafic d’armes, et de munitions, des stupéfiants. Depuis plusieurs années, les succès s’enchainent et les malfrats sont traqués jusque dans leurs derniers retranchements.

Le 26 janvier dernier, jour commémoratif de la journée internationale des douanes, agents des douanes ont opéré une saisie d’envergure portant sur plus 6,2 tonnes de cannabis d’une valeur estimée 16 milliards de FCFA. C’était dans le secteur de Karagasso sur la route de Koury, milieu hautement hostile du fait d’une présence visible des terroristes.

Dans la zone Bankoumana, les services des douanes ont saisi une importante quantité d’armes et de munitions prête à être acheminée sur Mopti, une zone où la guerre fait rage avec les djihadistes et les coupeurs de route. Dans le même secteur, c’est-à-dire à la frontière guinéenne, les gabelous ont saisi 88 lingots d’or pour un total de 143 kg estimé à plus de 4 milliards de FCFA. Le métal précieux pourrait être un mécanisme de financement du terrorisme qui coupe le sommeil aux Maliens.

Dans le cadre de leur mission de lutte contre le trafic des stupéfiants, un faux douanier a été appréhendé avec 400 Kg de chanvre indien. C’était à Kadiolo. En juin 2020, 28 boulettes de cocaïne ont été extraites des entrailles d’un passeur Nigérian. Dans le secteur de Koro Barrage, les éléments ont saisi des armes de guerre sur un trafiquant. Bref, les exploits des éléments des soldats de l’économie se multiplient.

Mais quel est le secret des douanes maliennes ? Pour être plus efficace dans l’accomplissement de ses missions, la hiérarchie douanière a mis en place une stratégie presque infaillible. Elle procède à la mise en place périodique d’une brigade spéciale sur les axes stratégiques pour contraindre les contrebandiers au recul et au respect de la réglementation.

Les versants sénégalais, guinéen, mauritanien, ivoirien, burkinabé ainsi que les portes d’entrées des régions du Nord sont quadrillés. Ce dispositif avec 4 bases boucle ainsi un maillage bien rodé. Il s’agit des brigades de Bangoumana (sur l’axe guinéen), de Kadiolo (sur l’axe ivoirien), de Diéma (sur l’axe mauritanien), et de Mopti pour le centre. Ces unités tenues par plusieurs dizaines d’hommes chacune, opèrent 24 heures sur 24 et permettent de sécuriser les recettes fiscales et les populations.

Les exploits ne doivent cependant pas cacher les nombreux défis auxquels sont confrontés les hommes sur le terrain. Il y a des problèmes d’effectifs, de matériel roulant, de moyens de communication, de formation, et de financement du déploiement des hommes sur le terrain. L’Etat fait beaucoup mais la tâche est ardue.

La Direction générale des Douanes reste confiante et optimiste. « Nous faisons confiance aux plus hautes autorités en général et à notre Directeur Général dont l’engagement et l’accompagnement n’ont jamais fait défaut »  a confié un cadre du service.

A. Niangaly

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