L’historien et intellectuel guinéen Djibril Tamsir Niane est mort

L'intellectuel guinéen Djibril Tamsir Niane en septembre 2018 à Conakry.
L’intellectuel guinéen Djibril Tamsir Niane en septembre 2018 à Conakry. © Carol Valade/RFI

Texte par :RFI

L’historien et auteur guinéen Djibril Tamsir Niane est mort, ce lundi 8 mars au matin à Dakar, à l’âge de 89 ans, emporté par le Covid-19, selon sa famille. Figure universitaire majeure de l’Afrique contemporaine, spécialiste de l’histoire du mandingue, de l’Empire du Mali au Moyen Âge en particulier, il est aussi l’auteur de pièces de théâtre et a participé à l’écriture de l’« Histoire générale de l’Afrique » sous l’égide de l’Unesco.

Avec notre correspondant à Conakry, Carol Valade

Il était sinon le plus grand, sans doute le plus célèbre des historiens guinéens. Avec une grande douceur et d’une voix presque envoûtante, Djibril Tamsir Niane savait conter comme personne : « L’épopée du Mandigue ». C’est le sous-titre de son ouvrage le plus célèbre, devenu un classique des programmes scolaires. « Il faut connaître le passé pour agir en commun, l’amour du pays n’existe que par la connaissance de l’histoire », aimait-il dire.

Emprisonné pour son engagement

Son engagement au lendemain de l’indépendance lui vaut d’être emprisonné durant trois ans au camp Boiro. « Et pourtant, j’avais bien NON. Toi aussi d’ailleurs », écrit-il dans un poème peu avant son arrestation.

Contraint à l’exil au Sénégal, il poursuit sans relâche son œuvre de collecte et de transcription du récit des griots au sein notamment de l’Institut fondamental d’Afrique noire.

« C’est une perte énorme pour notre pays, confie son petit-fils et homonyme, Djibril. Mais il a consigné par écrit son savoir. Et maintenant, c’est à nous de le transmettre cet héritage ». Notamment à travers la bibliothèque qui porte son nom, située devant sa maison du quartier de la Minière, à Conakry.

L’importance d’enseigner l’Histoire

En septembre 2018, lors d’un entretien accordé à RFI, Djibril Tamsir Niane s’exprimait notamment sur l’importance d’enseigner l’Histoire guinéenne.

Il est important de se pencher sur le passé et de montrer ce que nous avons de commun. La connaissance de l’Histoire me paraît indispensable pour vraiment asseoir une nation. […] Méconnaissant l’Histoire, on ne peut pas agir en commun.

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