Le Pérou a un nouveau président après une semaine de chaos politique

Le nouveau président péruvien par interim Francisco Sagasti, désigné par les députés à Lima, le 16 novembre 2020.
Le nouveau président péruvien par interim Francisco Sagasti, désigné par les députés à Lima, le 16 novembre 2020. AP Photo/Rodrigo Abd

Texte par :RFISuivre4 mn

Après 24 heures sans chef d’État, les députés péruviens ont désigné ce lundi 16 novembre le centriste Francisco Sagasti comme nouveau président de la République, le troisième en une semaine. Après sept jours d’une mobilisation massive qui s’est soldée par la mort de deux manifestants samedi, les Péruviens ont accueilli la nouvelle avec soulagement.

Avec notre correspondante à Lima, Wyloën Munhoz-Boillot

Applaudissements et coups de klaxons. C’est ainsi que des milliers de Péruviens rassemblés devant le Parlement ont réagi à l’élection par les députés de leur nouveau président, Francisco Sagasti. Cet ingénieur de 76 ans, qui a travaillé pour la Banque mondiale, a pour mission de mettre fin à la grave crise politique qui secoue le pays et mener les Péruviens jusqu’aux élections en avril prochain.

« Je suis très content que Sagasti soit le nouveau président, confie un étudiant de 22 ans. Il a voté contre la destitution de Vizcarra qui nous a plongés dans cette grave crise politique et il n’est pas sous le coup d’une enquête pour corruption, contrairement à d’autres députés. Donc c’était la meilleure option. »

À ses côtés, ce père de famille et professeur d’anglais, est plus prudent : « On va rester vigilant. Voyons déjà de quels ministres il va s’entourer. »

Dans la foule compacte, plusieurs jeunes brandissent des pancartes avec les noms des deux manifestants tués lors de la mobilisation de ce samedi 14 novembre. Ils attendent du nouveau président qu’il leur rende justice.

Immmunité parlementaire

« J’ai lu sur le CV de Sagasti qu’il lutte pour les droits de l’homme, affirme l’un de ces jeunes. Donc j’espère qu’il va tenir parole et faire payer les policiers responsables de leur mort, parce qu’on va continuer à manifester jusqu’à ce que les coupables tombent. »

Cet autre jeune homme lui aussi est d’avis que la mobilisation doit continuer : « Il manque encore beaucoup de choses. Oui on veut la justice pour les deux manifestants tués. Mais on veut aussi la levée de l’immunité parlementaire pour que les députés corrompus aillent en prison. »

Si les revendications des derniers jours sont toujours bien présentes chez les jeunes, le choix de Francisco Sagasti comme nouveau président par intérim semble avoir apaisé les manifestants.

Source : RFI

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