Le général Lecointre fait part de « l’indignation » suscitée par les propos de Sophie Pétronin

Pour le chef d’état-major, on ne peut pas comparer un groupe djihadiste à un simple groupe d’opposition, comme l’avait fait l’ex-otage à sa libération.

Par Nathalie Guibert

Le chef d’état major des armées, le général François Lecointre, lors d’une conférence de presse à Paris, en novembre 2019.
Le chef d’état major des armées, le général François Lecointre, lors d’une conférence de presse à Paris, en novembre 2019. BENOIT TESSIER / REUTERS

Furieux. Les militaires français digèrent mal la libération, au Mali, le 8 octobre, de deux cents prisonniers, dont de hauts cadres djihadistes responsables d’attentats dans la région, en échange de quatre otages – le leader de l’opposition malienne Soumaïla Cissé, deux Italiens et la Française Sophie Pétronin.

C’est donc clairement en direction de ses soldats, avec le souci de préserver le moral des troupes déployées sur le terrain, au Sahel, que le chef d’état-major des armées s’est exprimé de façon assez inhabituelle, mercredi 14 octobre, au Sénat, puis, jeudi 15, à l’Assemblée nationale, à l’occasion des traditionnelles auditions budgétaires. Le général François Lecointre a ainsi directement visé l’ex-otage française qui avait déclaré à RFI : « Qu’a fait le gouvernement de transition [à Bamako] ? Il a demandé la libération de leurs militaires. (…) Ce qui est logique. djihad, c’est guerre en français, et c’est une guerre entre des groupes d’opposition armés au régime, ils trouveront le chemin pour la paix. »Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Après la mort de treize soldats au Mali, Macron face au défi de la présence française au Sahel

Le général Lecointre s’est fait l’écho de « l’incompréhension, ou l’indignation », suscitée par ces propos. « On ne peut pas comparer l’ennemi auquel nous sommes aujourd’hui confrontés au Sahel à un groupe armé d’opposition, comparer les modes opératoires de ce groupe armé avec ceux des militaires français ou d’autres armées régulières. C’est un ennemi terroriste qui a fait allégeance à une internationale terroriste dont l’objectif est clairement d’instaurer des régimes et des califats djihadistes et extrémistes sur des territoires entiers. »

Les propos de Mme Pétronin n’ont fait qu’accentuer le malaise né de cette négociation entre la junte au pouvoir à Bamako depuis août et les djihadistes. Nombre des prisonniers, libérés le 8 octobre, avaient en effet été capturés par les soldats de l’opération « Barkhane » ou les commandos de l’opération « Sabre », au prix d’interventions très dures.

Source : Le Monde

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