Le fils de l’ancien président IBK sous sanctions du trésor américain : Karim Keita a-t-il raté une autre occasion de se taire ?

Par L’Alternance   

Le fils de l’ancien président IBK sous sanctions du trésor américain : Karim Keita a-t-il raté une autre occasion de se taire ?

Le fils de l’ancien chef de l’Etat malien, Karim Keita est placé sous sanctions du trésor américain pour corruption et violations de droit de l’homme. Rappelons que les sanctions imposées contre Karim Keita consistent en un gel des avoirs et à une interdiction de voyager vers les Etats Unis. Il n’est pas le seul à être visé par le trésor américain, ils sont une quarantaine dont l’ancien président guinéen Alpha Condé. Dans un tweet qu’il a posté, l’ancien Président de la Commission défense et sécurité de l’Assemblée Nationale du Mali sous le magistère de son père IBK, a rejeté en bloc les accusations portées contre lui et qui n’auront d’autres buts que de le salir. A-t-on besoin de gants pour faire porter à l’enfant terrible de la République bananière d’IBK, le chapeau de tous les maux du régime qui ont été à la base de sa chute ? Le trésor américain a-t-il un intérêt d’accuser Karim s’il ne détient pas des preuves irréfutables ? A quand la réplique de Karim pour se dédouaner de ces accusations graves?

Le Trésor américain a publié le 9 décembre 2022 une liste de plus de quarante personnalités visées par des sanctions pour des faits de corruption et de violations des droits de l’homme. Parmi les incriminés de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), l’organisme de contrôle financier du Département du Trésor, figure  l’ancien président de la Commission Défense et sécurité de l’Assemblée Nationale du Mali et de surcroit fils de l’ancien Président de la République IBK. Karim Keita, puis que c’est de lui qu’il s’agit  est persona non grata aux Etats Unis, il lui est  non seulement  interdit de fouler le sol américain, mais aussi et surtout ses biens s’y trouvant sont totalement gelés.

Que reproche-t-on à Karim Keita ?

Il est reproché à Karim Keita des faits de corruption «y compris le détournement de biens de l’Etat, l’expropriation de biens privés à des fins personnelles, la corruption liée à des contrats gouvernementaux ou à l’extraction de ressources». La structure dénommée «Konijane Strategic Marketing dont Karim Keita assure le poste de PDG a été aussi épinglée. Il lui est également reproché des faits de violation des Droits de l’homme dans l’affaire Birama Touré du nom de ce journaliste qui a disparu et dont le corps n’a jusque-là pas été retrouvé.  La question que beaucoup d’observateurs de la scène politique malienne  se posent est celle de savoir si on avait besoin de cette publication pour faire porter à Karim le chapeau de plus de 90 % de cause de la chute du régime de son papa. Ses agissements et son interférence dans les affaires publiques étaient connus du citoyen lambda. Karim Keita avait réussi a fondé un réseau au dessus de toutes les structures étatiques et même des institutions sous la bénédiction de son père. Qui ne se rappelle pas des propos du père répliquant aux détracteurs de son fils qui avaient trouvé illogique l’élection de Karim Keita à la tête de la stratégique Commission Défense et de Sécurité de l’Assemblée Nationale d’un pays en guerre, alors même qu’il y avait d’anciens  généraux à la retraite élus à l’hémicycle. Pour IBK son fils a été bien élu en commune II et donc il méritait ce poste. Pourquoi le choix de cette commission alors qu’il n’avait au paravent aucune expérience, ni expertise en la matière ? La réponse est tout simplement à cause des enjeux financiers. Karim Keita était en amont et en aval, directement ou indirectement  de tous les marchés d’achat d’équipements militaires sous le magistère de son papa. Pour rappel l’Etat avait mis  1230 milliards, dans la cagnotte et cela dans le cadre de la loi d’orientation et de programmation militaire, pour  l’achat d’équipements aux FAMA. Tout pouvoir absolu corrompant absolument l’enfant terrible de la République Semble indéniablement s’être sucré dans ce fonds.

Karim pourrait-il apporter des éléments le disculpant ?

Le seul fait de tweeter en clamant son innocence ne disculpe point Karim Keita qui est d’ailleurs sous le coup d’un mandat d’arrêt international dans l’affaire dite Birama Touré, du nom d’un journaliste qui a disparu en 2016 et dont le corps n’a pas été retrouvé. Donc si le trésor américain a menti sur lui par rapport aux biens mal acquis, l’affaire Birama Touré est pendante devant les tribunaux maliens. En somme, Karim Keita est fortement attendu pour apporter les preuves de son innocence.

Youssouf Sissoko

Source: L’Alternance

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
28 + 8 =