La vidéo d’un massacre dans le Tigré accable l’armée éthiopienne

Dans un communiqué, l'ambassade d'Ethiopie à Londres a déploré que cette vidéo ait été utilisée, « hors contexte » et « sans vérification ». (image d'illustration)
Dans un communiqué, l’ambassade d’Ethiopie à Londres a déploré que cette vidéo ait été utilisée, « hors contexte » et « sans vérification ». (image d’illustration) EDUARDO SOTERAS AFP

Texte par :RFI

Une vidéo tournée sur un téléphone portable commence à lever le voile sur les horreurs de la guerre dans le Tigré, dans le nord de l’Éthiopie. Une enquête fouillée d’un journaliste d’investigation éthiopien, publiée samedi par le journal britannique The Daily Telegraph, montre des soldats éthiopiens déambulant en plaisantant au milieu des cadavres de civils qu’ils viennent d’exécuter.

L’image est bougée, un peu sale. Le sol poussiéreux est imprégné de sang. Des dizaines de cadavres sont étendus entre les maisons, dans les champs, sur la route. Des soldats éthiopiens traînent dans ce paysage de cauchemar, accablé de soleil, et plaisantent entre eux en amharique, la langue nationale de l’Éthiopie, avec cet accent caractéristique de l’ouest ou du sud du pays. C’est du moins ce qu’explique Zecharias Zelalem, le journaliste auteur de l’enquête du Daily Telegraph.

► A lire (an anglais) : ‘You should have finished off the survivors’: Ethiopian army implicated in brutal war crime video 

Cela faisait plusieurs jours qu’un extrait de quatre minutes de cette vidéo circulait sur Internet. Selon le journaliste, la version intégrale qu’il a pu voir est insupportable à regarder.

Et à l’examen, les faits sont accablants. Un travail de géolocalisation du lieu révèle que le massacre s’est déroulé dans le monastère de Debre Abay, au sud-ouest de la ville de Shire. C’est là que des soldats éthiopiens, aux uniformes clairement reconnaissables, ont tué une quarantaine de civils, probablement autour du 5 janvier.

Du côté des autorités éthiopiennes, seule l’ambassade de Londres a pour l’instant réagi. Dans un communiqué, elle a déploré que cette vidéo ait été utilisée, « hors contexte » et « sans vérification ». Mais elle promet à demi-mots une enquête et des sanctions.

Source : RFI

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