La Ligue arabe s’aligne sur la déclaration du Caire pour la paix en Libye

Le secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Abul Gheit face aux ministres arabes des Affaires étrangères, le 23 juin 2020 au Caire. murad FATHI / Arab League / AFP

Texte par : RFI

A l’appel de l’Egypte, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe se sont réunis ce mardi 23 juin par visioconférence pour un sommet extraordinaire consacré à la Libye. Les participants ont annoncé leur opposition à toute forme d’ingérence en Libye et à tous les plans visant à diviser le pays. Ils se sont alignés sur la position égyptienne pour appeler à dissoudre les milices et faire repartir les mercenaires du territoire libyen afin de rendre viable un cessez le feu.

Dans leur communiqué final, les ministres des Affaires étrangères des pays arabes appellent à un cessez-le-feu immédiat en Libye, et surtout à une baisse des tensions autour de Syrte, ce qui permettrait une reprise rapide des négociations militaires sous l’égide de l’ONU.

Ils affichent également leur soutien à un processus politique exclusif, loin de toute solution militaire, et leur refus à toute forme d’ingérence étrangère ou des pays régionaux dans les affaires des pays arabes, sans plus de précision sur les pays militairement impliqués en Libye.

L’unification des institutions et le retour d’un Etat libyen viable figure aussi parmi les points soulignés par les ministres arabes réunis. Le communiqué mentionne également le rôle important des pays voisins de la Libye et appelle à plus de coordination entre eux et avec l’ONU, l’Union européenne et l’Union africaine.

Le gouvernement d’entente national libyen (GNA) a seulement été représenté par le délégué libyen auprès de la Ligue qui a critiqué Le Caire pendant la réunion. Il a martelé que les initiatives pour la paix doivent émaner des pays qui ne sont pas impliqués dans le conflit, et qui ne menacent pas « le gouvernement légal par une déclaration de guerre ».

Cette réunion par visioconférence s’est tenue alors que des tirs ont encore été échangés aujourd’hui près de Syrte entre l’armée nationale libyenne du maréchal Haftar et les forces du GNA. Un haut responsable turc a annoncé que le GNA, aidé par Ankara, continue les préparatifs pour prendre Syrte et Al Joufra. L’ANL a envoyé des renforts à Syrte en prévision de toute attaque. 

Les ministres ont également évoqué la question du barrage de la Renaissance. La Ligue arabe a appelé l’Ethiopie à ne pas le remplir avant d’avoir trouvé un accord avec Khartoum et Le Caire. Addis Abeba dit vouloir procéder au mois de juillet au remplissage du barrage, qui aura une incidence sur le débit du fleuve en aval.


L’ombre de la Turquie

Même si elle n’est pas nommée, c’est la Turquie qui est visée par l’article 7 de la résolution de la Ligue. Un article qui réclame le retrait de toutes les forces étrangères de Libye et de ses eaux territoriales. Il met aussi en garde contre la poursuite des opérations militaires en vue de déplacer les lignes de front. Une phrase qui fait écho à la mise en garde du président égyptien Abdel Fattah al Sissi aux forces du Gouvernement d’union nationale- activement soutenues par la Turquie et les jihadistes- contre le franchissement de la Ligne Syrte- al Joufra sous peine de représailles. Une ligne située au centre de la Libye et dont le franchissement ouvrirait la voie à une progression jusqu’à la frontière égyptienne . Quatre pays ont émis des réserves sur cet article: le représentant libyen du Gouvernement d’union nationale, le Qatar qui le soutient, la Tunisie voisine, et la Somalie.

Source : RFI 

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