Hydroxychloroquine: le gouvernement français saisit le Haut Conseil de la santé publique

Olivier Véran a donné 48 heures au HCSP pour qu'il lui propose une révision des règles dérogatoires de prescription de l'hydroxychloroquine. Ian Langsdon/Pool via REUTERS

Texte par :RFI

Le ministre français de la Santé Olivier Véran a demandé ce samedi 23 mai une révision des règles de prescription de l’hydroxychloroquine, après la parution d’une étude dans la revue médicale The Lancet pointant son inefficacité et même les risques pour les malades du Covid-19.PUBLICITÉ

« Suite à la publication dans The Lancet d’une étude alertant sur l’inefficacité et les risques de certains traitements du Covid-19 dont l’hydroxychloroquine, j’ai saisi le HCSP (Haut Conseil de la santé publique) pour qu’il l’analyse et me propose sous 48h une révision des règles dérogatoires de prescription », indique sur Twitter le ministre français de la Santé Olivier Véran.

La réaction a été immédiate. Et pour cause : l’étude publiée dans la prestigieuse revue médical porte un nouveau coup au recours à l’hydroxychloroquine pour les malades du Covid-19 . Elle concerne 96 000 patients et montre que ni la chloroquine ni l’hydroxychloroquine ne sont efficaces contre le coronavirus chez les malades hospitalisées. Au contraire, ces molécules augmentent même le risque d’arythmie cardiaque et le risque de décès.

Avant qu’Olivier Véran ne demande qu’on revoie les règles de prescription, la France avait déjà restreint l’usage de l’hydroxychloroquine, utilisée uniquement à l’hôpital et seulement pour les cas graves sur décision collégiale des médecins.

Cette molécule, dérivée de l’antipaludéen chloroquine, connaît une notoriété inédite depuis que le Pr Didier Raoult, de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) à Marseille, a relayé fin février une petite étude chinoise, peu détaillée, affirmant que le phosphate de chloroquine montrait des signes d’efficacité chez des patients atteints de SARS-CoV2. Elle ne cesse depuis d’enflammer les débats. Le président américain Donald Trump a annoncé qu’il en prenait tous les jours à titre préventif, et le Brésil de Jair Bolsonaro en a recommandé l’usage.

Ce n’est pas la première fois qu’une étude vient contredire le professeur Raoult. Deux autres études, l’une chinoise et l’autre française, publiées la semaine dernière, ont constaté que l’hydroxychloroquine ne réduisait pas les risques d’admission en réanimation, ni de décès chez les patients hospitalisés avec une pneumonie due au Covid-19.

Source : RFI

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