Haut-Karabakh: l’Arménie obtient un délai de dix jours pour évacuer les régions voisines

Aux abords du village de Berdzor, près de la frontière avec l'Arménie, le 30 septembre 2020.
Aux abords du village de Berdzor, près de la frontière avec l’Arménie, le 30 septembre 2020. AFP

Texte par :RFI

L’Arménie a obtenu dix jours supplémentaires pour évacuer le district de Kalbajar, avoisinant le Haut-Karabakh, qui devait être remis dimanche 15 novembre à l’Azerbaïdjan. Même chose pour le corridor de Latchin, ou Berdzor en arménien.

Avec notre envoyée spéciale à Berdzor, Anissa El Jabri

L’ancien poste-frontière entre l’Arménie et le Haut-Karabagh ne fonctionnait plus depuis plusieurs semaines. Aujourd’hui flotte sur son toit un seul drapeau, le russe. On compte quatre postes de contrôle arméniens jusqu’au tout premier village après la frontière mais aussi, le long du corridor, trois postes de surveillance russe.

À Berdzor, Latchin en azéri, à part deux volontaires arméniens armés, les forces russes sécurisent le village. Pour la première fois, des snipers sont apparus sur les toits et balcons des habitations. « Cette présence russe nous rassure », déclare ce matin un grand-père aux cheveux blancs.

Dans ce village bombardé intensément jusqu’à la dernière minute, avec trois nouveaux morts le jour de la fin de la guerre, le téléphone et Internet passent pour la première fois depuis la fin du conflit. En revanche, pas d’électricité. L’unique générateur alimente un bâtiment officiel.

Résultat, tous les magasins sont fermés, à part un épicier qui vend des cigarettes des gâteaux secs et du café froid. Des hommes pas très bavards au visage marqué par la fatigue et l’inquiétude, déménageaient ce matin des jeux d’extérieur. Visiblement, les femmes et les enfants ne sont pas près de revenir.

À lire aussi : Haut-Karabakh: Berdzor, épargné par les tirs mais pas par la guerre

L’Arménie a obtenu dix jours supplémentaires pour évacuer le district de Kalbajar, avoisinant la région du Haut-Karabakh, qui devait être remis dimanche 15 novembre à l’Azerbaïdjan, après sa victoire dans un conflit meurtrier. Ce premier retrait des forces arméniennes à la faveur de l’accord de fin des hostilités du début de semaine parrainé par la Russie, a donc été reporté au 25 novembre après une demande d’Erevan, relayée par Vladimir Poutine.

Ces régions appartenaient au glacis protecteur formé par les forces arméniennes à l’issue de la guerre des années 1990 autour du Haut-Karabakh, région séparatiste d’Azerbaïdjan à majorité arménienne. La perspective d’un retour azerbaïdjanais a provoqué un exode de la population de Kalbajar. Nombreux sont ceux à avoir incendié leurs maisons pour ne pas que des Azerbaïdjanais les habitent. L’accord de fin des hostilités prévoit en outre la présence de quelque 2 000 forces de maintien de la paix russes dans un Haut-Karabakh amoindri.

Source : RFI

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