Guerre en Ukraine : “les choses sérieuses” n’ont pas encore commencé, avertit Poutine

Alors que ses forces pilonnent sans merci la région du Donbass depuis plusieurs semaines, Vladimir Poutine a défié jeudi l’Ukraine et ses alliés occidentaux, en affirmant que, pour la Russie, “les choses sérieuses” n’avaient “pas commencé”.Courrier internationalPublié aujourd’hui à 05h27 Lecture 1 min.

Le président russe, Vladimir Poutine, s’adresse à des parlementaires russes, à Moscou, le 7 juillet 2022.
Le président russe, Vladimir Poutine, s’adresse à des parlementaires russes, à Moscou, le 7 juillet 2022. PHOTO ALEKSEY NIKOLSKYI/SPUTNIK/VIA REUTERS

“C’est l’un de ses discours les plus véhéments depuis que la Russie a envahi l’Ukraine”juge Radio Free Europe-Radio Liberty (RFE-RL). Jeudi 7 juillet, Vladimir Poutine s’est adressé depuis le Kremlin aux chefs des groupes parlementaires russes, profitant de l’occasion pour railler et menacer les Occidentaux.

“Aujourd’hui, nous entendons dire qu’ils veulent nous vaincre sur le champ de bataille. Que puis-je dire ? Qu’ils essaient !” a-t-il déclaré, selon CNN. “Nous entendons à longueur de temps que l’Occident est disposé à se battre contre nous aussi longtemps qu’il y aura un Ukrainien debout, a-t-il ajouté. C’est une tragédie pour le peuple ukrainien, mais nous en prenons le chemin.” Et d’asséner : “Chacun doit savoir que nous n’avons pas commencé les choses sérieuses” en Ukraine.

Le président russe a également glissé qu’il n’était pas opposé à des “négociations de paix”, mais averti que “ceux qui les refusent doivent savoir que plus [le conflit durera], plus il leur sera difficile de négocier avec nous”.

Pour la BBC, le “raisonnement” de Poutine “offre un aperçu de ce que pourrait être la stratégie globale de Moscou” : faire jouer la montre car “plus la guerre s’éternise, et plus l’Ukraine sera en position de faiblesse pour négocier”.

“Propagande grossière”

Le conseiller à la présidence ukrainienne Mykhaylo Podolyak, cité par RFE-RL, a répondu à Poutine et affirmé qu’il n’y avait aucun “plan de l’Occident” visant la Russie. Le seul plan à l’œuvre est celui de l’armée russe, “qui est entrée dans une Ukraine souveraine pour bombarder des villes et tuer des civils. Le reste n’est que propagande grossière.”

Les déclarations du président russe surviennent alors que les bombardements se sont encore intensifiés dans le Donbass, un bassin minier partiellement contrôlé par des séparatistes prorusses depuis 2014 et que Moscou cherche à tout prix à arracher à l’Ukraine. Preuve que les menaces de Poutine sont à prendre au sérieux, observe le New York Times.

“Si les forcent russes pilonnent déjà les villes et villages du Donetsk avec leurs attaques meurtrières à la roquette et leurs frappes aériennes, les experts militaires estiment que ces offensives ne sont que le prélude à un assaut de bien plus grande envergure”, écrit le quotidien américain.

Malgré une situation très difficile sur le terrain, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s’est félicité jeudi “des coups ‘très significatifs’ infligés aux troupes russes par l’armée ukrainienne, grâce à l’aide de l’artillerie fournie par les pays occidentaux”rapporte El País.

De fait, pour Axios, l’aide militaire occidentale restera essentielle durant les prochains mois : “Le rythme auquel les nouvelles armes et troupes seront intégrées dans les combats sera déterminant pour l’Ukraine si elle veut endiguer ses pertes territoriales et lancer une éventuelle contre-offensive plus tard dans l’été.”

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