Grâces présidentielles, vague de départs… Les dernières semaines de Trump à la Maison Blanche

Donald Trump le 12 décembre 2020 à la Maison Blanche à Washington D.C. - Andrew Caballero Reynolds
Donald Trump le 12 décembre 2020 à la Maison Blanche à Washington D.C. – Andrew Caballero Reynolds

Comme un long et lent baroud d’honneur. Malgré les appels de Joe Biden à adopter rapidement le plan de relance économique voté par le Congrès, Donald Trump refuse toujours d’apposer sa signature sur cet accord conclu entre démocrates et républicains. Une “honte” selon le locataire de la Maison Blanche qui réclame que soit augmenté le montant des chèques aux ménages alors que son successeur lui demande de prendre ses responsabilités pour éviter des “conséquences dévastatrices”.

Mais il n’y a pas que sur ce texte que le président se braque. Depuis l’annonce de la victoire de Joe Biden en novembre dernier et confirmée par les grands électeurs le 14 décembre, Donald Trump continue de contester les résultats électoraux et se dit victime d’une énorme fraude.

Les recours du président pour invalider l’élection rejetés

L’ensemble des procédures judiciaires – près de 60 – initiées par son camp et notamment par son avocat Rudy Giuliani, ont pourtant été rejetées par les tribunaux des États ou rejetées par ces derniers, les jugeant infondées. Qu’importe pour le milliardaire républicain qui s’entête à dénoncer une élection volée à ses abonnés sur Twitter, son principal outil de communication.

Reste que Donald Trump est de plus en plus seul à la Maison Blanche. Depuis la victoire du candidat démocrate à la présidentielle américaine, plusieurs hauts fonctionnaires et conseillers au sein de l’administration Trump ont quitté leurs fonctions.

Mark Esper, le secrétaire à la Défense et chef du Pentagone, a d’abord été remercié par le président américain. S’en est suivi le renvoi du patron de l’agence gouvernementale chargée de la sécurité des élections Chris Krebs. Dernier départ en date et non des moindres: celui du ministre de la Justice Bill Barr qui a présenté sa démission à Donald Trump après n’avoir constaté “aucune fraude à une échelle susceptible de changer le résultat de l’élection”.

Des grâces présidentielles controversées

Une succession de départs au sein de la garde rapprochée du président qui multiplie ces dernières semaines les grâces présidentielles. Fin novembre, Donald Trump a accordé une grâce à son ancien conseiller à la Sécurité nationale Michael Flynn. Ce dernier avait pourtant plaidé coupable en 2017 d’avoir menti au FBI au sujet de ses relations avec un diplomate russe dans l’enquête sur les soupçons d’ingérence russe dans la présidentielle de 2016.

Le 23 décembre dernier, le président a annoncé d’autres grâces ou mesures de clémence dans lesquelles se trouvent les noms de Paul Manafort, son ancien directeur de campagne, et Roger Stone, son ancien conseiller. Le père de son gendre Jared Kushner, Charles Kushner a également été gracié après avoir été condamné pour des affaires de malversations fiscales.

Autres grâces pour le moins controversées: celles d’anciens responsables de Blackwater, une société militaire privée américaine, impliqués dans la mort de civils irakiens en 2007. Enfin Donald Trump pourrait également gracier à titre préventif ses enfants, son gendre et son avocat avant son départ de la Maison Blanche en janvier.

Multiplication des exécutions par l’administration Trump

Fait notable depuis sa défaite face à Joe Biden, Donald Trump a multiplié les exécutions aux États-Unis. La tradition veut pourtant que les présidents sortants sursoient aux exécutions en attendant l’investiture de son successeur, celles-ci ayant atteint leur plus bas niveau en près de 30 ans.

Pas de quoi freiner l’actuelle administration puisque plusieurs exécutions sont encore prévues d’ici l’arrivée au pouvoir de Joe Biden, portant à 13 le nombre de condamnés à mort exécutés depuis juillet selon le New York Times. Le futur président a confié pour sa part être opposé aux exécutions fédérales.

Une sortie pour mieux revenir?

Poursuivant ses fonctions jusqu’à la fin de son mandat, Donald Trump a néanmoins concédé qu’il quittera bien la Maison Blanche en janvier prochain en donnant son feu vert au lancement du processus de transition entre les deux administrations.

“Bien sûr que je partirai, et vous le savez”, avait répondu en novembre le président à une journaliste qui l’interrogeait sur son départ si les grands électeurs confirmait la victoire du candidat démocrate. Donald Trump avait néanmoins estimé que le collège électoral commettait une “erreur” en validant l’élection de Joe Biden.

Bien qu’il prévoit de tenir début janvier un meeting en Géorgie pour soutenir les républicains afin que le GOP garde malgré tout la majorité au Sénat, Donald Trump compte contester jusqu’à la fin de son mandat cette élection “volée”.

“Ce furent quatre années fantastiques, nous essayons de faire quatre ans de plus sinon je vous reverrai dans quatre ans”, avait confié le président lors d’une fête en décembre dernier à la Maison Blanche.

Preuve de ce combat qu’il entend bien mener jusqu’au bout: le président va réunir une dernière fois ses partisans à Washington le 6 janvier prochain avant que le Congrès ne valide à nouveau la victoire de Joe Biden.

Article original publié sur BFMTV.com

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