Good morning de Scranton, ville natale de Joe Biden, en pleine reconquête électorale

Le candidat démocrate à la présidente du 3 novembre, Joe Biden, en visite dans sa ville natale de Scranton en Pennsylvanie, le 9 juillet 2020.
Le candidat démocrate à la présidente du 3 novembre, Joe Biden, en visite dans sa ville natale de Scranton en Pennsylvanie, le 9 juillet 2020. AP Photo/Matt Slocum

Par :Carlotta Morteo

En Pennsylvanie, Scranton, la ville de naissance de Joe Biden, a un passé ouvrier, marqué par le développement des mines de charbon et des luttes syndicales longtemps favorables aux démocrates. Si ce n’est que les temps ont changé. En 2016, c’est justement cette classe populaire qui a fait basculer tout l’État dans l’escarcelle des républicains. Il n’a suffit que de quelque 44 000 voix. Aujourd’hui, c’est en mettant en avant son attachement familial à la ville de Scranton et ses origines sociales humbles que Joe Biden essaie de reconquérir ces électeurs perdus.

De notre envoyée spéciale à Scranton,

Joe Biden, enfant du pays, forcément, ça rapproche. On touche une corde sensible, celle de fierté locale. Même si, en réalité, la famille de l’ancien vice-président a déménagé d’ici quand il avait 10 ans.

Il n’empêche, ce lien entre Joe Biden et Scranton s’inscrit dans un passé, une histoire collective. Adèle a 71 ans. Ses parents, ses grands-parents étaient mineurs ici, syndiqués, démocrates jusqu’au bout des ongles. Le parcours de sa famille ressemble à celui de Joe Biden.

« Ses arrières-grands-parents s’étaient installés ici vers 1850 après la famine dites “des pommes de terre” en Irlande. Scranton était une ville prospère, grâce aux mines de charbon et au train, il y avait beaucoup de travail, et de nombreux Irlandais étaient mineurs. Donc c’était une destination pour les immigrés à l’époque. Tout cela fait écho avec mon histoire personnelle. »

Adèle rejette l’idée que le candidat démocrate aurait « abandonné Scranton » : « Non, son père a déménagé sa famille dans le Delaware à cause du travail, mais Joe Biden avait encore beaucoup de famille ici à qui il rendait visite régulièrement. Donc je pense qu’il n’a jamais oublié là où il a grandi, là où il a été enfant. »

« Difficile d’être optimiste »

La maison où a grandi Joe Biden est une jolie maison bleue au toit pointu à deux étages, avec un petit porche devant. Elle est située dans un quartier qui était autrefois plus populaire qu’il ne l’est aujourd’hui. Désormais, c’est même plutôt un quartier de classe moyenne propret, calme. Un quartier visiblement acquis aux démocrates. Et c’est aussi devenu dernièrement un lieu de pèlerinage politique pour les électeurs démocrates, comme Geoffrey qui habite à une heure de Scranton.

« Je pense que c’est important d’être ici, surtout en ce moment, confie-t-il. D’autant que le coin de Pennsylvanie où j’habite est beaucoup plus favorable à Trump, donc ça me fait du bien de voir tous ces panneaux pro-Biden dans les jardins, ça ré-équilibre ma perception. C’est difficile d’être optimiste vu ce qu’il s’est passé aux dernières élections. On ne sait toujours pas trop de quel côté va pencher la balance, mais je garde espoir. »

Autre lieu de pèlerinage dans le quartier, l’épicerie-sandwicherie Hanks Hoagies, qui depuis 1965 semble être restée dans son jus. Des photos, des statuettes de joueurs de baseball et de nombreuses caricatures d’hommes politiques : JFK, Clinton, Bush, Obama… Juste à l’entrée, comme s’il vous accueillait, une effigie à taille réelle de Joe Biden, en carton, à laquelle Tom Owens, le propriétaire des lieux tient beaucoup.

« Il est là, il est là tous les jours ! [Rires] Non, mais il vient nous voir en vrai aussi, depuis des années, en tant que sénateur, en tant que vice-président. Il est passé au mois d’octobre. Il a grandi à quelques rues d’ici. Il venait avec ses petits copains boire un verre, manger un sandwich, jouer aux cartes… C’est un gars de Scranton, on le connaît personnellement et on l’aime vraiment. Joe est un gars humble, il est sympa avec tout le monde, il met les gens à l’aise, on l’adore ! »

Image de proximité et trahison des classes populaires

Cette image d’homme politique sympathique, proche des gens, issu d’un milieu modeste, voilà ce que cherche à mettre en avant Joe Biden pour séduire un électorat populaire qui s’est détourné du parti démocrate en faveur de Donald Trump. Cela marchera-t-il ?

Difficile à dire. L’élection risque d’être très serrée en Pennsylvanie. Dans les quartiers plus populaires de la ville justement, on trouve beaucoup plus de marques de soutien à Donald Trump. Le parti démocrate incarné par Joe Biden aurait trahit la classe populaire ici. Il est vu désormais comme le parti de l’élite et des minorités ethniques.

Même si Scranton, où siègent aujourd’hui de grandes entreprises, des universités, penchera probablement cette année encore vers le camp démocrate, pour qui voteront les contés plus pauvres autour de Scranton ? De Luzerne à Lackawanna, c’est là que se jouera l’élection en Pennsylvanie, là où Donald Trump avait séduit, et séduit encore.

Source : RFI

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