Formation du nouveau gouvernement: les dessous d’un blocage

Le Premier ministre, Dr Boubou CISSE, a présenté la démission de son gouvernement au Président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA, le jeudi 11 juin. Le chef de l’Etat a aussitôt reconduit Boubou CISSE et l’a chargé de former un nouveau gouvernement. Cela fait maintenant 13 jours que les Maliens sont dans l’attente de ce nouveau gouvernement. Qu’est-ce qui peut expliquer ce retard dans la formation du nouveau gouvernement ?

Le Président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA, et son Premier ministre Boubou CISSE, ont-ils d’autres priorités que la formation du nouveau gouvernement ? La réponse est affirmative. Les autorités sont actuellement préoccupées par la recherche de solutions à la de manifestations demandant la démission du Président de la République. En plus de retarder la mise en place du gouvernement, ces manifestations en cours risqueraient de chambouler la configuration du futur gouvernement.

Depuis des semaines maintenant, le régime est menacé par un grand mouvement de contestation qui réclame la démission du Président de la République. Les autorités mettent les bouchées doubles pour trouver une solution à cette crise socio-politique. Des bons offices sont mis à contribution pour trouver un terrain d’entente avec les contestataires. Les négociations sont en cours et des propositions sont faites.

Lors d’une rencontre avec les forces vives de la nation au CICB, le Président a annoncé la formation d’un gouvernement d’union nationale. IBK a déclaré devant les forces vives : « je tire les leçons de toutes les péripéties que nous vivons. A cet égard, j’ai décidé d’engager des consultations pour la formation d’un gouvernement d’union nationale. Mon projet n’a jamais été d’exclure qui que ce soit. Mon projet c’est le Mali et je vous l’avais dit dès 2013, cela n’a pas changé ». Cette déclaration démontre que la formation du nouveau gouvernement dépasse la responsabilité du Président de la République et du Premier ministre.

Donc, le retard dans la formation du gouvernement peut s’expliquer par la décision du président de former un gouvernement d’union nationale et les nécessaires consultations qui précèdent un tel exercice.

En plus des négociations menées par les bons offices auprès des responsables du M5-RFP, la majorité présidentielle sollicite une rencontre dans le cadre de la recherche d’une solution à la crise sociopolitique que connaît notre pays. Si les contestataires acceptent de faire marche arrière et accordent leur violon pour la formation d’un gouvernement d’union nationale, il faudrait s’attendre à de grands changements dans la configuration du nouveau gouvernement.

Selon des indiscrétions, il n’est pas à exclure de voir annuler le décret de nomination du Premier ministre Boubou CISSE et de nommer un Premier ministre consensuel et de plein pouvoir.

Le temps presse et il urge de mettre en place un gouvernement de mission pour faire face aux priorités. Le Mali fait face à une crise sécuritaire qui paralyse le pays depuis des années. A cette crise sécuritaire est venue s’ajouter une crise sanitaire qui a frappé de plein fouet l’économie. Nous sommes dans un pays où tout est devenu priorité.

Face à cette réalité, la formation du futur gouvernement nécessite le choix des hommes et des femmes non seulement consensuels, mais aussi compétents pour faire bouger les choses et donner satisfaction aux populations. Tout doit être fait pour que la montagne de la revendication n’accouche pas d’une souris. La mise en place d’un gouvernement laxiste serait de nature de raviver la contestation et éloigner davantage notre pays de la résolution de cette crise sociopolitique.

PAR MODIBO KONE

Source: Info Matin

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