États-Unis – Afrique : les menaces régionales au menu de l’African Lion 2022

Par Le Point Afrique (Avec AFP) 

Le plus grand exercice militaire conjoint sur le continent s’est tenu du 20 au 30 juin, au Maroc dans un contexte géopolitique particulier. Les États-Unis et leurs alliés vont devoir affronter l’essor de groupes extrémistes violents et l’arrivée de mercenaires russes au Sahel, a averti le chef du commandement américain pour l’Afrique (Africom), alors que s’accroît l’instabilité dans la région. « Nous voyons une montée de l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest, surtout dans la région du Sahel », a déclaré à l’AFP jeudi le général Stephen Townsend au terme de l’exercice militaire international « African Lion » co-organisé par le Maroc, pays hôte depuis 2004.© FADEL SENNA / AFPÉtats-Unis – Afrique : les menaces régionales au menu de l’African Lion 2022

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Poussée djihadiste et Wagner

La région du Sahel est un vaste territoire s’étendant au sud du désert du Sahara en Afrique, avec des pays tels que le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie et le Niger. Les djihadistes ont récemment étendu leur portée au Sahel et marqué leur présence par une série sans précédent de massacres de civils. Le Mali a été particulièrement touché.

« Nous voyons aussi l’arrivée d’acteurs malveillants et je pense spécifiquement aux mercenaires russes de Wagner qui sont au Mali », a constaté le haut gradé américain au Cap Drâa, dans le désert du Sud marocain près de la ville de Tan-Tan. Les Occidentaux accusent la junte militaire au pouvoir à Bamako d’avoir recours aux services de cette société militaire privée russe, proche du Kremlin, qu’ils accusent de « crimes ».

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Nouveaux pays

Africom, qui est basé dans la ville allemande de Stuttgart, est responsable des opérations militaires américaines à travers l’Afrique. Du 6 au 30 juin, plus de 7 500 soldats originaires d’une douzaine de nations, dont le Sénégal, le Tchad, le Brésil, l’Italie, la France et le Royaume-Uni ont participé à l’exercice « African Lion 2022 » sur le sol marocain. Y ont assisté des observateurs militaires en provenance de l’Otan, de l’Union africaine (UA) et de près de trente « pays partenaires », dont, pour la première fois, Israël.Les chaussettes qui font fureur dans le Monde ! Les séniors ne les quittentSponsoriséRevue bien être

« African Lion », les plus larges man?uvres interarmées annuelles sur le continent africain, s’est déroulé essentiellement au Maroc mais aussi en Tunisie, au Sénégal et au Ghana. L’exercice a d’abord pour objectif d’ « améliorer notre niveau de préparation, les compétences des armées participantes et de renforcer nos partenariats », a précisé le général Townsend.

Il consiste en man?uvres terrestres, aéroportées, aériennes, maritimes, de décontamination NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) et d’assistance médicale et humanitaire. Jeudi, F-16 des Forces armées royales marocaines, hélicoptères de combat Apache, chars M1 Abrams et AMX-10 RC dans un groupe mixte de blindés, appuyés par deux systèmes de lance-roquettes Himars, ont simulé une attaque conjointe aérienne et terrestre contre des colonnes et positions ennemies au cap Drâa.

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Un contexte régional tendu

Une bataille livrée au milieu d’épais nuages de sable soulevés par l’impact des munitions réelles et un vent violent de l’Atlantique. Si cet entraînement n’a pas été spécialement scénarisé pour traiter de la menace djihadiste ou de l’implantation de Wagner en Afrique, « il aidera toutes nos forces armées si nous sommes appelés à combattre ce genre de problèmes à l’avenir », a dit le chef de l’Africom. En revanche, au moment où les tensions sont vives entre Rabat et Alger, le général Townsend a assuré que l’exercice « African Lion » ne « visait pas du tout » l’Algérie voisine. Cette dernière a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc en août 2021 en raison de profonds désaccords sur le territoire disputé du Sahara occidental et du rapprochement sécuritaire entre Rabat et Israël.

« African Lion » n’est « pas dirigé contre un pays en particulier », a affirmé le commandant en chef de l’Africom, « il s’agit d’augmenter notre interopérabilité pour faire face aux défis auxquels nous sommes confrontés ». « Ce qui est en jeu dans l’Otan et en Ukraine aujourd’hui prouve la valeur d’alliés solides et de partenaires ?uvrant ensemble à défende notre intérêt commun. » Lors du sommet de l’Otan cette semaine à Madrid, le président américain Joe Biden a annoncé une présence renforcée de militaires et de capacités américaines en Europe, y compris sur son « flanc sud », en Espagne et en Italie, en face de l’Afrique du Nord.

Source : Le Point

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