ENTRETIEN. Jean-Yves Le Drian : « Mon changement de vie est énorme, brutal »

Ces dix dernières années, Jean-Yves Le Drian a parcouru le globe et tous les terrains de conflits, d’abord en tant que ministre de la Défense de François Hollande, puis en tant que ministre des Affaires étrangères d’Emmanuel Macron. Depuis mai dernier, celui qui était en politique depuis 1977, n’occupe plus aucun poste. De retour à Rennes, il dévoile au magazine « Bretons » ses projets pour sa vie d’après.

De retour à Rennes après dix ans passés au gouvernementJean-Yves Le Drian n’occupe plus aucune fonction politique depuis mai 2022. Après avoir parcouru le globe et tous les terrains de conflits en tant que ministre de la Défense de François Hollande, puis en tant que ministre des Affaires étrangères d’Emmanuel Macron, celui qui était en politique depuis 1977 dévoile au magazine « Bretons » ses projets pour sa vie d’après.

Vous êtes installé ici, à Rennes, à temps plein ?

Maria, mon épouse, et moi-même, nous habitons à Rennes depuis cinq ans. Quand j’ai été réélu président de Région, en 2015, nous avons décidé de vendre notre maison de Guidel, dans le Morbihan. Je n’envisageais pas ma retraite à Guidel, devant la mer, même si c’est un endroit formidable… Nous avons déménagé ici en mai 2017, et j’ai alors été de nouveau nommé au gouvernement pour cinq ans. Je n’ai donc quasiment pas mis les pieds dans ma nouvelle maison pendant cinq ans. Parce que, quand vous êtes ministre des Affaires étrangères, vous êtes sans arrêt en déplacement…

Cela ne vous manque pas, aujourd’hui, le fait de partir à l’étranger, de vibrer ?

Le changement est brutal et énorme. En tant que ministre des Affaires étrangères, mes collaborateurs ont calculé que j’ai dû faire quarante fois le tour du monde. Avec une intensité énorme, un stress permanent, une vigilance de tous les instants. D’autant plus que la période que j’ai vécue n’était quand même pas la plus calme. Les crises se sont succédé, et j’avais un président exigeant.

C’était donc une période extrêmement intense, parce que vous êtes au centre de ce qui se décide, de tout ce qui est grave. Et puis, du jour au lendemain, ça s’arrête. Ce n’était pas une surprise parce que je le souhaitais et parce que c’était convenu comme ça avec le chef de l’État. Mais du jour au lendemain, vous quittez la gestion du monde, ses turbulences et sa gravité, et vous vous retrouvez à gérer… cet espace, ce bureau. Donc c’est assez brutal.

Je pense que je ne pourrai jamais retrouver une vie normale, parce que j’ai vécu trop d’événements lourds

Et on se débranche facilement ?

Non. Il y a une période de cure, si je peux utiliser ce mot-là, pour retrouver une vie normale, même si je pense que je ne pourrai jamais retrouver une vie normale, parce que j’ai vécu trop d’événements lourds. Nous sommes partis en vacances en juillet. En août, c’était le calme total. Mais depuis septembre, j’ai une somme de demandes de présence, d’interventions, dans laquelle il va falloir que j’établisse des priorités.Budget : le recours au 49.3 par le gouvernement vous semble-t-il justifié ?Débattez !

J’étais jusqu’à hier à Berlin, puisque mon ancienne homologue allemande a été déclarée « personnalité allemande…

Source : Ouest France

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