En Égypte, la colère monte contre le pouvoir jugé corrompu


Des centaines de manifestants se sont rassemblées au Caire samedi 21 septembre 2019.
REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

Ce week-end, des manifestations de quelques centaines de personnes ont éclaté dans plusieurs villes du pays (Le Caire, Alexandrie, Mahalla, Suez, etc). Avec partout le même slogan : « Sissi va-t-en », « le peuple veut faire tomber le régime ». Si les manifestants n’étaient pas très nombreux en regard des 100 millions d’habitants que compte le pays, les protestations ont pourtant eu une très forte portée car les contestataires ont bravé un régime de plus en plus répressif ces dernières années. La mobilisation de ce week-end s’est d’ailleurs déroulée en l’absence du président égyptien, en déplacement à New York pour assister à l’Assemblée générale des Nations unies.

Avec notre correspondante au Caire,Nadia Blétry

Depuis deux jours, Mohamed Ahmed, 26 ans, regarde en boucle des vidéos de manifestations qui ont eu lieu ce week-end en Égypte. Elles sont vite devenues virales sur les réseaux sociaux. Comme quelques centaines de jeunes dans plusieurs villes du pays Mohamed est lui aussi descendu dans la rue vendredi.

« Pendant des années, on n’a pas senti l’odeur du gaz lacrymogène car en fait depuis l’arrivée de Sissi au pouvoir, on n’a plus eu de vraie manifestation. Mais quand on sent cette odeur de gaz aujourd’hui, ça fait remonter en nous des tas de souvenirs. Ça nous rappelle tous les combats qu’on a menés et tous les changements qu’on a vécus depuis la révolution. Et ça nous rappelle aussi que c’est possible de faire tomber un régime »

Ce sont les vidéos de Mohamed Aly, un entrepreneur égyptien exilé en Espagne, qui ont lancé le mouvement de protestation. L’homme de 45 ans qui a longtemps travaillé avec les militaires dans le secteur de la construction dénonce la corruption de l’armée. Mais aussi celle du chef de l’État qu’il accuse de construire des palais alors que sa population est écrasée par les mesures d’austérité du gouvernement. Leila 25 ans, qui était dans la rue en 2011, elle, ne s’est pas mobilisée.

« Vendredi quand j’ai entendu des gens dire qu’ils allaient descendre dans la rue, je ne m’attendais vraiment pas à ce qu’ils le fassent. Et par ailleurs je ne crois pas à un vrai changement pour le moment », dit-elle.

Après un week-end de manifestations, le centre-ville du Caire est quadrillé par les forces de sécurité et résonne de sirènes. Selon les associations de défense des droits de l’homme, des centaines de manifestants ont été arrêtés ces deux derniers jours. Un nouvel appel à manifester a pourtant déjà été lancé pour vendredi prochain.

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