Destitution de Trump : les démocrates tirent la première salve

Le secrétaire d’Etat Mike Pompeo, chef de la diplomatie américaine, a été sommé par les démocrates de livrer tous les documents nécessaires à l’enquête.

 Washington DC, vendredi 27 septembre. Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des Représentants, a estimé que Donald Trump avait « trahi » les États-Unis et menacé la sécurité nationale.
Washington DC, vendredi 27 septembre. Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des Représentants, a estimé que Donald Trump avait « trahi » les États-Unis et menacé la sécurité nationale.  AFP/Chip Somodevilla

Par J.Cl. avec agencesLe 28 septembre 2019 à 08h09

Destitution POTUS, phase 1. Dans le cadre de la procédure de destitution engagée contre Donald Trump, les parlementaires démocrates américains ont sommé vendredi le chef de la diplomatie Mike Pompeo de leur livrer des documents nécessaires à leur enquête. Ne pas céder « constituerait une entrave à l’enquête du Congrès », lui rappellent-ils dans un courrier, montrant leur volonté d’aller vite dans cette procédure explosive.

« Il ne faut pas que ça traîne », a appuyé la cheffe des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi. Après avoir tempéré pendant des mois l’impatience de l’aile gauche du parti, la présidente de la chambre des Représentants a créé la surprise mardi en décidant d’initier une procédure de destitution contre le président des Etats-Unis.

De même, les élus à la tête de ces commissions ont déjà fixé l’agenda des auditions de cinq hauts diplomates, susceptibles de leur fournir des informations sur le scandale ukrainien impliquant le président américain. Elles devraient avoir lieu dans les deux semaines qui viennent. L’un d’eux, Kurt Volker, l’envoyé spécial des Etats-Unis pour l’Ukraine, a démissionné vendredi, selon l’AFP et Reuters.

Trump a «trahi son serment »

Si la démarche de destitution de Trump a peu de chances d’aboutir pour cause de majorité républicaine au Sénat, elle complique sa campagne de réélection et annonce une lutte acharnée pendant plus d’un an, jusqu’au scrutin de novembre 2020.

Donald Trump « ne nous a pas laissé le choix », a défendu vendredi Nancy Pelosi : il a « trahi son serment, mis en péril la sécurité nationale et l’intégrité des élections », a-t-elle tempêté.

It doesn’t get more serious than this. It is a betrayal of his oath of office for President Trump to pressure a foreign country to interfere in our elections. And yet that is exactly what @realDonaldTrump did. #TruthExposed

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23,1 k21:41 – 27 sept. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité10,4 k personnes parlent à ce sujet

Les démocrates lui reprochent d’avoir demandé à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, lors d’une conversation téléphonique il y a deux mois, d’enquêter sur l’ancien vice-président Joe Biden, bien placé pour porter les couleurs démocrates en 2020. Son fils, Hunter Biden, a travaillé pour un groupe gazier ukrainien quand lui-même était le vice-président de Barack Obama.Newsletter – L’essentiel de l’actuChaque matin, l’actualité vue par Le ParisienJE M’INSCRISVotre adresse mail est collectée par Le Parisien pour vous permettre de recevoir nos actualités et offres commerciales. En savoir plus

Cet échange avec le président ukrainien était « parfait », « tout à fait légal », a martelé Donald Trump sur Twitter. La procédure est pour lui une blague, son clan parle de « simulacre ».

Donald J. Trump@realDonaldTrump

“IT WAS A PERFECT CONVERSATION WITH UKRAINE PRESIDENT!”72,1 k13:25 – 27 sept. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité35,5 k personnes parlent à ce sujet

If that perfect phone call with the President of Ukraine Isn’t considered appropriate, then no future President can EVER again speak to another foreign leader!109 k15:24 – 27 sept. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité65,8 k personnes parlent à ce sujet

Il n’empêche, le magnat new yorkais a déclaré « être en guerre » lors d’une conversation privée rendue publique par un témoin. Quant à son fils Eric, il a annoncé que les soutiens accordés à son père avaient déjà permis de récolter 15 M$.

UPDATE: We have now raised almost $15 million in small dollar donations (including 50,000 NEW donors) since @SpeakerPelosi started this impeachment charade 72 hrs ago! Unbelievable numbers!! Keep it going — you and the dems are handing @realDonaldTrump the win in 2020! 46,2 k22:38 – 27 sept. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité20,4 k personnes parlent à ce sujet

Le scandale a encore gagné en ampleur jeudi avec la publication du signalement du lanceur d’alerte qui accuse les juristes de la Maison Blanche d’être « intervenus pour “verrouiller” toutes les archives » liées à cet appel.

En outre, de nouvelles allégations embarrassantes pour Donald Trump, concernant cette fois l’ingérence de la Russie dans l’élection présidentielle de 2016, ont été publiées vendredi par le Washington Post. Selon le quotidien, qui cite comme source trois anciens hauts responsables anonymes, le président a déclaré lors d’une réunion en mai 2017 avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et l’ambassadeur russe à Washington qu’il ne se souciait pas de l’immixtion de Moscou dans l’élection américaine parce que les Etats-Unis faisaient la même chose dans d’autres pays.

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