Crise au sein du RPM Jusqu’où iront les contestataires ?


Depuis le comité central organisé par le parti il y’a quelques mois, un groupe de cadres est entré en rébellion contre le président Bocari Treta. Il s’agit entre autres de Me Baber Gano, Moussa Timbiné, Mamadou Diarrassouba entre autres. De simples contradictions internes, la fracture a abouti à une bataille judiciaire dont l’issue risque d’être douloureuse pour le parti, surtout en cette période d’incertitude.
Le dernier épisode de cette guéguerre devant les tribunaux a été marqué par la cassation du premier jugement en appel qui donnait Dr Treta légitime et validait les résolutions du comité central.
Aujourd’hui, fort du soutien de ses militants à la base et des différentes sections du parti, le président Bocari Treta s’est pourvu en cassation devant la cour suprême et se dit confiant en la justice.
Quoiqu’il en soit, le dernier mot, loin du prétoire, revient aux militants à la base.
C’est donc devant les militants que les légitimités s’affirmeront. À ce titre, il y a lieu d’analyser les forces et les faiblesses des uns et des autres.
Me Baber Gano qui mène la contestation, manque de charisme et d’assise politique. L’ancien président, feu Ibrahim Boubacar Keita, n’avait pas raison de le considérer comme un homme sans envergure ? Lui même sait, mieux que quiconque, que dans son Djene natal, il n’est ni représentatif, ni populaire. Mieux, Baber est un homme controversé au sein du parti, lui qui traine tant de lacunes dans le Landerneau politique malien. On pourrait en donner des illustrations. Mais pour l’instant, le débat est ailleurs.
Ainsi donc, Me Baber Gano sait très pertinemment qu’il pèse pas politiquement face à Treta, qui l’a soutenu et protégé, à son corps défendant auprès de IBK à plusieurs occasions.
Avec moins d’étoffes que lui, Mahamane Babi et Moussa Timbiné, deux baroudeurs imprudents, risquent leur carrière politique dans le jeu suicidaire qu’ils viennent d’engager.
Tombés en disgrâce depuis les dernières élections, et la chute du régime, les deux agitateurs auront du mal à convaincre les militants de la pertinence de leur démarche. Soupçonné d’avoir déjà créer la fracture à travers la création d’un mouvement politique en dehors du parti, Timbiné, par qui le malheur est arrivé, semble avoir déjà son agenda personnel: fragiliser le parti avant de claquer la porte en cas d’échec.
Ses intentions douteuses et ses prétentions extravagantes pèsent lourdement sur sa crédibilité politique et finiront par le conduire à la retraite prématurée.
En perte de force, Mamadou Diarrassouba, joue également à la danse du sorcier.
Lâché par ses compagnons d’infortune de Dioïla, Diarrassouba est le plus grand perdant dans cette affaire. Et pour cause.
D’abord, fidèle parmi les fidèles, l’honorable Diarrassouba jouissait d’un confort politique au sein du parti et auprès de sa base.
Ses prises de position ambiguë ont progressivement, anéanti sa relative côte de popularité.
Ayant tout eu et tout donné à son parti, comment peut il se retrouver dans une autre chapelle politique et se bomber le torse?
Tout est possible en politique dit on.
En somme, on peut retenir que quelque soit l’issue du marathon judiciaire, Bocari Treta et ses hommes jouissent aujourd’hui du soutien de la base du parti. Et, les récents événements viennent de le prouver à travers les renouvellements des structures de base du parti.
C’est donc dire qu’il a encore les cartes en main et la chute des faucons risque d’être très douloureuse.
L’avenir nous en dira plus.
Affaire à suivre

Source : La Dépêche

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