Crise au Mali: la mission de la Cédéao recommande de refaire des législatives partielles

Grand rassemblement de l'opposition au président IBK à Bamako le 19 juin (illustration)
Grand rassemblement de l’opposition au président IBK à Bamako le 19 juin (illustration) REUTERS/Matthieu Rosier

Texte par :RFI

La mission d’apaisement de la Cédéao a quitté Bamako, hier samedi 20 juin, en proposant notamment la reprise partielle des élections législatives dans des circonscriptions où la victoire a changé de camp. Proposition mise sur la table des 9 sages de la Cour constitutionnelle. La Cour est désormais au centre des débats. Au moins 4 membres de l’instance ont présenté leur démission pour tenter de contribuer à la décrispation.

Avec notre correspondant à Bamako, Serge Daniel

« Oui, c’est vrai… J’ai, selon la procédure, déposé ma lettre de démission », a déclaré à RFI l’un des neuf sages de la Cour constitutionnelle. Notre interlocuteur ne veut pas en dire davantage, mais acquiesce lorsqu’on lui fait remarquer que son geste peut s’apparenter à une volonté de décrisper l’atmosphère tendue. Au moins trois autres membres de la Cour ont également présenté leur démission.

Cette institution de la République est au centre de la crise politique. Ce sont les résultats définitifs, publiés lors des dernières législatives dans certaines circonscriptions électorales, qui ont mis le feu aux poudres. Des résultats qui ont fait entrer à l’Assemblée nationale des candidats qui avaient été préalablement déclarés battus par le ministère malien de l’Administration territoriale. La Cour constitutionnelle est jugée responsable selon les manifestants des fraudes électorales.

À lire aussi : Au Mali, nouvelle démonstration de force des opposants au président IBK 

Au total, l’élection d’une trentaine de députés est fortement contestée. Parmi eux, celui qui est aujourd’hui président de l’Assemblée nationale du Mali.

La mission d’apaisement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest – Cédéao – qui vient de séjourner à Bamako, considère aussi que la Cour constitutionnelle est le détonateur de la crise actuelle. La mission a proposé aux membres de la Cour de reprendre les législatives dans des localités où la victoire a changé de camp.

Cependant, l’Alliance de partis et de mouvements d’opposition (le M5- RFP) rejette plutôt les propositions de la Cédéao et exige toujours le départ du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta.

Nous avons salué, bien-sûr, cette mission de bons offices de la Cédéao mais nous sommes au regret de constater quand même que la Cédéao a occulté l’ensemble des maux qui lui ont pourtant été exposés.

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