Coronavirus: l’Afrique face à la pandémie le samedi 23 mai

Des religieux musulmans observent la Nouvelle Lune marquant la fin du mois de ramadan. Le 23 mai 2020 au Cap.
Des religieux musulmans observent la Nouvelle Lune marquant la fin du mois de ramadan. Le 23 mai 2020 au Cap. REUTERS/Mike Hutchings

Texte par :RFI

Selon le CDC, le Centre de prévention des maladies de l’Union africaine, le continent recensait ce samedi 104 279 cas de Covid-19, et 3 185 décès dus à la maladie.

  • Premier décès en Centrafrique

La République centrafricaine, qui était jusque-là parvenue à passer à travers le décompte macabre des victimes du coronavirus, a enregistré son premier décès. « La République centrafricaine se trouve à un tournant de l’épidémie du Covid-19 qui se caractérise par une augmentation rapide du nombre de cas importés et autonomes », avaient alerté lundi les autorités. Ce pays enclavé d’Afrique centrale compte à ce jour 552 cas positifs et 18 guéris, selon le ministère. Près de 12 000 personnes ont été dépistées, selon les autorités sanitaires.Ministère de la Santé et de la Population – RCA@MSPCentrafrique

RAPPORT #26 DE SITUATION JOURNALIÈRE DE #COVID19 en #RCA

Voir l'image sur Twitter
Voir l'image sur Twitter

2Informations sur les Publicités Twitter et confidentialitéVoir les autres Tweets de Ministère de la Santé et de la Population – RCA

Le pays, classé parmi les plus pauvres au monde et ravagé par une guerre civile depuis 2013, est particulièrement mal armé pour faire face à l’épidémie de coronavirus. En l’absence d’infrastructures hospitalières suffisantes, la riposte est principalement axée sur la prévention : fermeture des frontières terrestres et aériennes, des bars, discothèques, limitation des attroupements…

Plusieurs partenaires étrangers ont apporté leur soutien au pays dans la lutte contre le coronavirus. Début mai, l’Union européenne a ainsi inauguré un pont aérien humanitaire entre la France et Bangui pour acheminer matériel et personnels aux ONG dont dépend largement le pays. La Chine a également livré du matériel de dépistage, tandis que les Etats-Unis ont octroyé un don de 3 millions de dollars, principalement affectés à des activités de distribution d’eau et d’assainissement.

  • En Tunisie, l’Aïd « sacrifié » des voyageurs en quarantaine obligatoire

Alors que le monde musulman s’apprête à célébrer la fin du ramadan, des milliers de Tunisiens rentrés in extremis dans leur pays passeront cette fête loin de leur famille, obligés de s’isoler en quarantaine dans des hôtels, afin de lutter contre la propagation du Covid-19.

L’épidémie a marqué le pas en Tunisie, avec peu de nouveaux malades officiellement identifiés par semaine et 47 décès au total depuis le début de la pandémie. Les autorités ont en conséquence commencé à lever les mesures de confinement strictes, mises en place dès les premiers cas mi-mars. Mais l’isolement hors du domicile reste obligatoire pour les personnes arrivant de l’étranger, tout comme pour les soignants en contact avec des malades du virus, même s’ils n’ont pas été hospitalisés. Parmi les onze personnes contaminées identifiées en Tunisie cette semaine, sept étaient déjà placées en quarantaine à la suite de leur arrivée de l’étranger.

  • 32 000 Marocains toujours bloqués à l’étranger

Depuis que le pays a bouclé ses frontières mi-mars face à la pandémie de Covid-19, plus de 30 000 Marocains sont bloqués aux quatre coins du monde. Rabat assure préparer leur rapatriement, sans toutefois avancer de date. Face à la pandémie, le royaume a bouclé ses frontières, suspendu tous les vols et déclaré l’état d’urgence sanitaire, avec un confinement strict renforcé par un couvre-feu nocturne.

Pour se faire entendre, les personnes bloquées ont multiplié les appels à l’aide, avec des sit-in et des campagnes sur les réseaux sociaux. Certains ont adressé une lettre ouverte au roi Mohammed VI. « Nous arrivons aujourd’hui à épuisement de nos ressources financières et notre santé mentale se dégrade », affirment les signataires.Samira sitaïl@Samirasitail1

Écoutez cette jeune marocaine bloquée en France.
Son témoignage résume la situation des 22 000 de nos compatriotes dans la même situation:
“Nous sommes prêts à coopérer avec les autorités, payer les tests de dépistage, les vols de retour”.#Maroc_nous_a_oublie#COVID19

Vidéo intégrée

77Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité43 personnes parlent à ce sujet

Les consulats ont depuis mis en place des « cellules d’accompagnement » et pris en charge les frais d’hébergement de 6 500 Marocains, selon le gouvernement. Les autres sont livrés à eux-mêmes. Le bureau de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Paris a récemment alerté sur la « situation de grande vulnérabilité » des « personnes âgées, atteintes de maladies graves ou des parents accompagnés d’enfants en bas âge ».

Jusqu’à présent, seuls 500 Marocains bloqués dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla ont été autorisés à traverser la frontière à pied après plus de deux mois d’attente. Les premiers sont partis de Melilla, après qu’une Marocaine bloquée dans l’enclave a été retrouvée morte en pleine rue en raison d’une attaque cérébrale. Ceux qui rentrent sont placés en quarantaine pendant 14 jours et testés, selon les médias marocains. Face aux capacités d’accueil limitées de la santé publique, la priorité de Rabat a été de limiter le risque de contagion lié au retour de possibles porteurs du virus, selon une source diplomatique marocaine.

  • Laurent Gbagbo met en place un comité scientifique pour l’après Covid

C’est depuis Bruxelles, où il est en résidence conditionnelle dans l’attente du procès en appel à la CPI, que Laurent Gbagbo a réuni onze universitaires et intellectuels du continent pour viser à « l’élaboration des fondements d’une nouvelle africanité, capable de conduire elle-même son destin, sans repli sur soi », selon l’appel lancé vendredi.

Parmi les membres de ce comité, le professeur ivoirien Georges-Armand Ouegnin, également président de la plateforme gbagbiste Ensemble pour la démocratie et la souveraineté. Joint par RFI, il estime que « cette pandémie est une opportunité pour réfléchir à l’après. C’est à nous de prendre en main notre destin. Nos travaux englobent notamment la bonne gouvernance sur le continent et le développement de la santé pour tous ».

Un rapport de « 350 à 400 pages » devrait être bientôt publié à destination des décideurs et des organisations panafricaines. Il suivra quatre axes de recherche : « le renforcement de toutes nos capacités endogènes de résilience ; l’engagement de relever le défi de la défense de nos biens collectifs que sont la santé, la formation/recherche, les infrastructures, la sécurité collective et la consolidation de nos communautés politiques ; la valorisation systématique de l’estime de soi et de la solidarité dans notre africanité ; la volonté de rupture avec notre position de sous-système médiocre de la mondialisation. »

  • En Afrique du Sud, 20 000 morts et l’économie en chute libre

Malgré un confinement strict et des mesures coercitives (interdiction de vente d’alcool et de cigarettes), l’Afrique du Sud est le pays officiellement le plus touché par la pandémie de Covid-19 sur le continent. Ce samedi, la barre symbolique des 20 000 morts a été atteinte et la situation sociale se tend de plus en plus au sein de la Nation arc-en-ciel.

Alors que le rand s’était déprécié de 22,9% depuis janvier, la monnaie sud-africaine n’en finit pas de plonger dans un pays où l’inflation est supérieure à 3% et, jeudi, la Banque centrale a abaissé son taux directeur de 50 points à 3,75% tout en annonçant que le PIB national allait chuter de 7%. Une situation qui pourrait empirer si l’épidémie se poursuit en Afrique du Sud.

  • Human Rights Watch s’inquiète de l’état de santé d’un leader politique camerounais incarcéré

L’ONG de défense des droits de l’homme dénonce les conditions de détention de Blaise Sevidzem Berinyuy, leader séparatiste d’Ambazonie connu sous le nom de Shufai, incarcéré au Cameroun depuis janvier 2018, ainsi que les conditions de salubrité des batiments pénitentiaires où la propagation de l’épidémie est accrue.

« Sa famille et ses avocats ont déclaré qu’il avait perdu connaissance et que sa santé s’était considérablement détériorée au cours des 10 derniers jours. Ils ont signalé que, le 19 mai, Shufai avait été menotté à son lit d’hôpital pour la nuit, bien qu’il soit à peine en état de bouger », indique le communiqué. L’ONG estime que « le transfert de Shufai, dans un établissement pénitentiaire surpeuplé où la transmission du Covid-19 est de nature à accroître les risques qui pèsent sur sa santé et sur sa vie ». Le Cameroun est régulièrement épinglé par l’ONG américaine, notamment dans sa gestion de la crise anglophone

  • Une fin de grossesse « en enfer » pour une infirmière libérienne atteinte du coronavirus

NewsletterRecevez toute l’actualité internationale directement dans votre boite mail

L’histoire est racontée par l’Agence France-Presse. Cinq jours après avoir s’être soumise à un test de sa propre initiative, revenu positif, Sedia Marwolo, une infirmière de Monrovia, a vu une équipe médicale en équipement de protection débarquer chez elle. Sous le regard du voisinage, la soignante de 38 ans a été séparée des siens et emmenée dans une unité d’un hôpital de la capitaine réservé aux malades de la maladie Covid-19.

« J’étais comme en enfer, seule, abandonnée », confie Sedia Marwolo. « Il n’y avait pas de gynécologue, pas de sage-femme, et pas l’équipement nécessaire pour suivre mon état de santé ». Effrayée, elle n’a pas mangé pendant deux jours. « Je me suis alors rendu compte que mon bébé ne bougeait plus dans mon ventre », se souvient-elle. La jeune infirmière a recommencé à s’alimenter et, après 15 jours, a été déclarée guérie. Elle a pu quitter les soins intensifs et a donné naissance à une petite fille, qui n’a pas été contaminée.

Mais depuis son retour chez elle, sa famille fait face à la stigmatisation du voisinage. « Je ne me sens plus chez moi. Les gens nous dévisagent, appellent notre maison “la maison corona” ou se mettent à courir quand je sors de chez moi », raconte Sedia Marwolo.

Avec 250 cas de coronavirus officiellement confirmés et 24 morts, le Liberia est relativement épargné par rapport à l’Europe, aux Etats-Unis ou à l’Amérique du Sud. Mais il fait partie des pays où l’état du système sanitaire suscite l’inquiétude face à la pandémie.

  • Au Gabon, les footballeurs inquiets

Avec l’arrêt du championnat, les footballeurs gabonais n’ont plus aucun revenu. Pourtant, le 14 avril, le ministère des Sports avait promis une aide excaptionnelle 72 millions de francs CFA pour les 720 joueurs gabonais. Soit un revenu de 100 000 francs pour deux mois. Mais depuis, rien. « Nous n’allons pas mourir du coronavirus mais de la faim », expliquait un joueur au micro de RFI ce samedi midi. D’autant que le 24 avril dernier, la Fifa avait annoncé débloquer 150 millions d’euros pour l’ensemble des 211 fédérations qui la composent.

Source : RFI

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
36 ⁄ 18 =