COMMENT SORTIR DE LA CRISE POLITIQUE ET INSTITUTIONNELLE AU MALI EN PRÉSERVANT NOTRE UNITE: LES ALTERNATIVES qui s’offrent au Président de la République Ibrahim Boubacar KEITA (IBK )

Monsieur Alioune GUEYE Président du RENAJEM

Comme évoqué dans ma note du 4 Juin 2020 à la veuille de la marche de la coalition : EMK – CMAS ET FSD, le plus dure est l’après 5 Juin. On y est avec une profonde crise de confiance, de méfiance et de défiance entre les couches sociales et politiques du Mal, en ligne de mire la DÉMISSION SOLLICITÉE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE.

Dans l’histoire des crises politiques graves, aucune ne se présente de la même manière et ne présente pas les mêmes approches de sortie tant le contexte est différent, les mentalités ont évolué et les causes sont profondément diverses.

La crise actuelle à laquelle le Mali fait face est grave, très grave, elle est l ‘accumulation de plusieurs maux diagnostiqués, mal traités ou non traités. Donc nous sommes face à plusieurs condensés alimentés par la crise des législatives, la disparition de l’honorable Soumaila Cissé qui a confirmé l’insécurité généralisée dans le pays, la crise de l’école malienne…..

Sur le plan politique, le Président de la République ne dispose d’aucune majorité motivée, organisée et déterminée à faire face à cette fronde sociale et politique. Ni de relais fidèles au sein de la société civile. Les récentes décisions du Président de la République ( démission du Gouvernement en pleine crise et reconduction du PM sans aucune consultation, hésitations sur des décisions urgentes à la crise politique et institutionnelle, nomination du nouveau Secrétaire Général de la Présidence de la République) prouvent que la machine est bien grippée et qu’il y a un malaise profond au plus haut sommet de l’état.

Du côté du M5, avec des acteurs déterminés mais aux objectifs spécifiquement différents et qui s’appuient fortement sur des MESSAGES CRÉDIBLES ET AUDIBLES auprès du peuple. Avec les adhésions récentes des couches politiques et Sociales, le M5 risquerait de radicaliser sa position et de durcir le ton à travers la sortie de demain vendredi 19 Juin 2020.

Aux problèmes politiques, il faut, avec courage et abnégation, de vrais solutions politiques durables à coup de consensus démocratique. Dans de tel contexte, seul le Président de la République qui dispose de la légitimité et de la légitimité constitutionnelles peut s’appuyer sur les moyens constitutionnels (Art 42 et 50) pour sortir le pays de cette crise aux conséquences incalculables à travers :
1- la dissolution de l’assemblée nationale après consultation du Président de l’assemblée nationale, des Présidents des institutions, de son parti ( RPM) et de sa majorité.
2- Démission sollicitée des membres de la cour constitutionnelle
3- Mise en place d’un gouvernement de mission avec des technocrates ( restreint ) avec un Premier Ministre aux pouvoirs élargis et soutenus
4- Mise en place d’une constituante à l’Assemblée Nationale (51 membres au plus) avec 3/5 société civile élargie 2/5 classe politique ( majorité- Opposition – Centre- associations politiques). Cette constituante doit légiférer pour faire avancer les réformes indispensables pour le Mali dans un délai de 6mois
5- Reconstitution de la Cour constitutionnelle avec 3 désignés par le Président en concertation avec le PM, 3 par le Président de la constituante et 3 par les magistrats. La cour constitutionnelle est indispensable dans le processus des réformes et des élections qui seront anticipées,
6- organisation des élections municipales , législatives et présidentielles anticipées en 2021 sur la base des réformes consensuelles adoptées.

Le Président de la République, garant de la stabilité du pays et de l’unité nationale, doit faire une lecture lucide de la situation politique pour aller dans le sens de l’apaisement et profiter de la médiation de la CEDEAO dans notre pays pour entériner une transition civile maîtrisée et sans violence ne dépensant pas 6 mois à 1 an au maximum.

A défaut de ça, le Mali sera dans une situation des plus inconfortables car la démission forcée de la Première institution sera ni plus , ni moins perçue comme un COUP D’ÉTAT, qu’il soit civile ou militaire. LE PEUPLE A LE CHOIX MAIS UN CHOIX ASSUME.

Dans un tel scénario, l’armée qui est garant de la République et aujourd’hui fortement divisée pourrait se livrer à un combat de survie pour le contrôle du pouvoir d’Etat avec des complicités politiques, pour une transition militaire.

Le sens du sursaut national est nécessaire aujourd’hui pour sauver le Mali, renforcer la cohésion sociale et préserver à tout prix l’unité nationale et l’intégrité du territoire.

Qu’ Allah inspire le Président de la République à prendre les DECISIONS URGENTES qu’il faut pour le bonheur et pour l’honneur des maliens.

Bamako , le 18 Juin 2020
Monsieur Alioune GUEYE
Président du RENAJEM

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