Comment se procurer de la nourriture à Kaboul: le casse-tête quotidien des Afghans

Des Afghans font la queue pour recevoir de l’argent liquide fourni par le Programme alimentaire mondial des Nations unies, le 3 novembre 2021. AP – Bram Janssen

Texte par :RFI

Depuis la prise du pouvoir par les talibans, l’activité économique de l’Afghanistan est presque à l’arrêt. Le taux de pauvreté pourrait prochainement atteindre 97% selon le Programme des Nations unies pour le développement. La crise humanitaire ne fait que s’aggraver. Avec le gel des avoirs détenus par la Banque centrale d’Afghanistan à l’étranger et l’arrivée au compte-goutte de l’aide humanitaire, le pays s’enfonce dans la misère. Certains bénévoles et quelques ONG internationales distribuent de façon ponctuelle de la nourriture ou de l’argent liquide. 

Avec notre envoyée spéciale à Kaboul, Sonia Ghezali

Six cents personnes font la queue. Les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. En bout de ligne, un homme tend 2 000 afghanis à chaque personne. Cela représente un peu moins de 20 euros. Parmi les bénéficiaires, une quinzaine d’agents de la circulation en uniforme, gilet jaune sur le dos, képi blanc sur la tête. L’un d’eux accepte de nous dire quelques mots : « Cela fait cinq mois que je n’ai pas reçu mon salaire. Cinq mois ! »

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Parmi les plus jeunes dans les rangées, il y a Abdul Raza, 12 ans. Sur son dos, il porte un sac chargé de crèmes, de cires, de brosses. Il est cireur de chaussures. « Je vais donner l’argent à ma mère pour qu’elle achète de la farine. Chaque jour, je vais travailler, mais je ne gagne que 200 afghanis par jour. Ça ne suffit même pas pour payer le loyer », explique-t-il.

Mohammad est père de six enfants. Ce cordonnier a perdu beaucoup de clients depuis que les talibans ont pris le pouvoir. Il gagne moins de 50 centimes d’euros par jour : « Parfois, j’ai de quoi leur acheter à manger, et parfois non. Hier, je n’ai pu leur donner que du thé vert. » Mohammad a en effet dépensé toute la somme chez un commerçant du quartier ; il en est reparti avec deux sacs remplis de farine, d’huile et de riz. De quoi tenir six jours, dit-il.

Source : RFI

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