Colonisation du Congo belge: les «profonds regrets» du roi Philippe de Belgique

Une statue de Léopold II recouverte de peinture rouge à Anvers, en Belgique, le 4 juin 2020. JONAS ROOSENS / BELGA / AFP

Le nouveau drapeau de la République du Congo, le 1er juillet 1960, jour où le Congo a officiellement reçu son indépendance de la Belgique.
Le nouveau drapeau de la République du Congo, le 1er juillet 1960, jour où le Congo a officiellement reçu son indépendance de la Belgique. Bettmann / Getty Images

Texte par :RFI

Le roi des Belges Philippe a présenté pour la première fois dans l’histoire du pays « ses plus profonds regrets pour les blessures » infligées lors de la période coloniale belge au Congo ce mardi, à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance.

Avec notre correspondant à BruxellesPierre Benazet

C’est dans une lettre adressée au président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, que le roi Philippe -qui règne depuis 2013- a fait part de ses regrets. « Il faut pouvoir se parler de notre longue histoire commune en toute vérité et en toute sérénité » a écrit ce mardi matin le roi des Belges à Félix Tshisekedi. Dans sa lettre au président congolais, il évoque une histoire faite de « réalisations communes », mais qui a aussi connu « des épisodes douloureux ».

Le roi des Belges parle de deux périodes, d’abord celle de l’État indépendant du Congo : 1885-1908. Une époque pendant laquelle son arrière-arrière-grand-père, le roi Léopold II était souverain de cette colonie qu’il détenait à titre personnel. Et pour cette époque, le roi Philippe va jusqu’à évoquer des violences et des cruautés.

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La lettre évoque ensuite la période coloniale après 1908 lorsque le gouvernement belge a forcé Léopold II à céder le Congo à l’État après les accusations d’exactions. Pour cette période-là, le roi Philippe évoque des souffrances et des humiliations.

Le roi Philippe écrit ses plus profonds regrets à la première personne, un « je » qui renvoie évidemment à sa lignée familiale, mais surtout au fait qu’il prend en partie une responsabilité personnelle en tant que chef de l’État. Cette lettre a été écrite de concert avec le gouvernement. Car selon la Constitution le roi des Belges n’est pas souverain et n’a pas le droit de s’exprimer sans l’aval du gouvernement. Il tenait cependant à le faire après le déboulonnage des statues de Léopold II largement attaqué suite au mouvement mondial suite à la mort de George Floyd.

Dans ce contexte, le roi Philippe affirme son engagement à « combattre toutes les formes de racisme ». « J’encourage la réflexion qui est entamée par notre parlement afin que notre mémoire soit définitivement pacifiée », poursuit le souverain belge dans sa lettre.

Source : RFI

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