Climat, tensions dans le Golfe: Emmanuel Macron à la manoeuvre à l’ONU


À New York, Emmanuel Macron va à nouveau revêtir «sa tenue diplomate en chef», pour prolonger l’élan de son G7 de Biarritz (notre photo).
Francois Mori/Pool via REUTERS

Par RFIPublié le 23-09-2019 Modifié le 23-09-2019 à 06:51

Fort du succès diplomatique de son G7 fin août à Biarritz, Emmanuel Macron entend également « faire bouger les lignes » aujourd’hui et demain à New York en marge et lors de l’Assemblée générale des Nations unies. Le président français a deux priorités : le dossier iranien et le climat, deux jours après la mobilisation de millions de jeunes de par le monde.

Avec notre envoyée spéciale à New York,Véronique Rigolet

« Le climat est “la priorité absolue du président à New York” » selon le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian. Emmanuel Macron va à nouveau revêtir « sa tenue diplomate en chef », pour prolonger l’élan de son G7 de Biarritz et tenter à nouveau de faire bouger les lignes…

Un président offensif qui avant même l’ouverture du sommet pour le climat ce matin va lancer un nouvel « appel à la mobilisation pour la forêt amazonienne » qui brûle toujours. Appel lancé aux côtés de ses homologues chilien et colombien, mais également en présence d’une délégation de la Guyane française pour bien rappeler au président brésilien Bolsonaro – avec qui le bras de fer se poursuit – que la France est bien bel et bien amazonienne et qu’elle a donc son mot à dire pour la sauvegarde de la plus grande forêt tropicale du monde.

Emmanuel Macron s’exprimera ensuite à la tribune du sommet climat où il devrait notamment confirmer le doublement de la contribution de la France au fonds vert pour le climat et son plein soutien par ailleurs à l’adoption de l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050.

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Les ONG de défense de l’environnement vont scruter les déclarations du président français. « On attend d’Emmanuel Macron qu’il annonce enfin des actes concrets à la hauteur des promesses qu’il nous a faites, résumeJean-François Julliard, directeur général de Greenpeace-France. Par exemple, parce qu’il s’émouvait avec légitimité des incendies de forêts en Amazonie, il disait que la France était complice quelque part de cette déforestation à travers les produits qu’on consomme ici en France. Ca veut dire que maintenant, s’il veut être cohérent, il faut qu’il annonce par exemple un moratoire sur l’importation du soja qui vient nourrir les bêtes d’élevage industriel en France ; il faut qu’il annonce la fin d’un projet de la fin de la raffinerie de Total de La Mède, dans le sud de la France, qui est responsable de la déforestation en Asie du sud-est. il faut qu’il soit simple cohérent, conséquent, par rapport à ses engagements, et qu’il ne soit plus dans des simples voeux pieux. »

→ Lire aussi : Amazonie: le Brésil toujours sous pression avant l’Assemblée de l’ONU

L’autre dossier qui brûle : le Golfe

En marge des tribunes officielles, Emmanuel Macron va, durant les prochaines 48h, comme il l’avait fait au G7, jouer les médiateurs entre l’Iran et les États-Unis. Le président français devrait d’ailleurs s’entretenir dès aujourd’hui avec Donald Trump puis avec le président iranien Hassan Rohani.

Il y a eu des attaques contre l’Arabie saoudite qui rendent la situation de tension dans le Golfe encore plus grave. Et à cet égard, moi je ne fais que constater ce qui est dit, l’enquête est en cours, il faut bien identifier ce qui s’est passé, et à ce moment-là, qu’il y ait les explications nécessaires. Mais c’est vrai que les paramètres de négociations se sont réduits, l’espace s’est rétréci. Les rencontres entre les présidents Trump et Rohani, je pense que ce n’est pas le sujet numéro un. Le sujet numéro un c’est est-ce qu’on peut reprendre un itinéraire de désescalade avec les différents acteurs, et c’est ce message qui va être transmis aux intéressés que le président de la République et moi-même aurons l’occasion de rencontrer dans les jours qui viennent.Jean-Yves Le Drian23/09/2019 – par Murielle ParadonÉcouter

Si une rencontre au sommet entre les présidents américain et iranien semble pour le moins très improbable comme l’a confirmé Jean-Yves Le Drian, les diplomates français ici à New York veulent croire néanmoins qu’il est possible de reprendre le « processus de désescalade ». Le président Macron va en tout cas tenter là encore « de faire bouger les lignes ».

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