Etienne Gatanazi 

Cela avait déjà été annoncé dès les premiers jours de l’arrestation des 49 militaires ivoiriens , le 10 juillet à Bamako. Les autorités maliennes avaient dit à la Deutsche Welle qu’une enquête devait suivre cette arrestation car, concluaient-elles, on ne pouvait pas exclure la possibilité d’une tentative de déstabilisation orchestrée par ces soldats.© Kay Nietfeld/dpa/picture allianceLa Bundeswehr participe à la Minusma, mais ne forme plus de soldats maliens dans le cadre de l’EUTM

Dès l’arrestation des soldats ivoiriens, le pouvoir à Bamako les avait qualifié de “mercenaires”. Mais si la réaction des autorités maliennes pourrait influencer la justice, comme certains analystes politiques le redoutent, Sylvain N’guessan, un analyste politique ivoirien, se montre optimiste : “Faisons confiance à la séparations des pouvoirs au Mali. S’il doit y avoir un procès, la partie ivoirienne devrait être défendue et j’ose croire que la vérité va triompher et que la justice pourra marquer son autonomie vis-à-vis du politique”.

L’adhésion de la population

L’autre question qui se pose est la crispation de la junte malienne vis-à-vis de la mission onusienne sur place, la Minusma. Une source sur place évoque en effet un pouvoir militaire “très nerveux”.

“Le Mali traverse une période vraiment trouble en termes de sécurité. Toute information sur le plan sécuritaire peut mobiliser toute la population malienne. Mais faisons attention ! A force de vouloir attirer la population pour son compte, les gens arriveront un jour à ouvrir les yeux”, pense Sidylamine Bagayoko, professeur d’anthropologie à l’université de Bamako.

A côté de la voie juridique déjà entamée par la justice malienne, Robert Dussey, le ministre togolais des Affaires étrangères, est à Bamako à la demande des autorités maliennes pour tenter une médiation entre Bamako et Abidjan.

Une étape importante mais qui requiert de la prudence, souligne Sylvain N’guessan : “Je ne cherche pas à savoir qui a suscité cette médiation. On attend tous que le résultat soit la libération de nos soldats. On reste quand-même prudent.”

Entre le Mali et la Minusma rien ne va plus

Autre signe de l’escalade entre la junte militaire et l’Onu : le porte-parole de la Minusma, Olivier Salgado, a été expulsé ce mercredi (20.07). Il devra quitter le pays dans les prochaines 72 heures.

Le pouvoir malien l’accuse d’avoir donné une fausse information qui affirmait que l’arrivée à Bamako des 49 soldats avait préalablement été communiquée aux autorités maliennes, ce que Bamako dément depuis plusieurs jours.

L’armée allemande a de son côté suspendu un vol prévu avec des soldats pour une rotation du personnel au Mali . Le vol était prévu pour ce jeudi (21.07)

Cette décision de l’armée allemande survient après la suspension par Bamako de la rotation des contingents de la Minusma.

Entretemps, les huit soldats allemands ont regagné l’Allemagne mardi (19.07). Ils n’avaient pas pu quitter Bamako la semaine dernière à cause de documents manquants.

Auteur: Etienne Gatanazi

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