Avant le meeting de Trump, les Afro-Américains de Tulsa célèbrent l’abolition de l’esclavage

Dans l’Oklahoma, la communauté afro-américaine s’est rassemblée à Tulsa ce vendredi 19 juin pour commémorer cette journée de l’abolition de l’esclavage aux États-Unis. Une célébration sur fond de mouvement de protestation contre les violences policières et surtout à la veille de la venue en ville du président américain pour son premier grand meeting depuis plus de trois mois.

Avec notre envoyée spéciale à Tulsa, Anne Corpet

Rassemblés sous un ciel d’orage, les Afro-Américains de Tulsa demandent réparation. Pour les souffrances de l’esclavage, pour le massacre de 1921 au cours duquel 300 noirs ont été tués dans leur ville et enfin, pour les discriminations dont ils souffrent encore aujourd’hui.

« On n’a toujours pas obtenu justice pour l’esclavage, insiste Robert Turner, le pasteur de la communauté. Et même aujourd’hui, avec les disparités dans la santé, le nombre d’Afro-Américains visés par la police, la politique des banques qui discriminent en fonction de la race, on n’est toujours pas complétement libres dans le soi-disant pays de la liberté. »

« Pas la même Amérique que les blancs »

Au micro, Al Sharpton, combattant des droits civiques qui a officié aux funérailles de Georges Floyd, évoque la venue de Donald Trump à Tulsa : « Il va encore dire qu’il va rendre sa grandeur à l’Amérique, mais dites-moi : quand l’Amérique a-t-elle été grande pour tout le monde ? »

Broomie Williams applaudit. Elle a l’impression de ne pas appartenir à la même Amérique que les blancs qui vont aller voir le président. « J’ai l’impression qu’on est pas aussi libres que les autres Américains. Par exemple, hier on est allés voir le lieu du meeting de Trump juste pour voir et il n’y avait aucun noir à part moi. Il y avait beaucoup d’ondes négatives. C’était comme si on n’aurait pas dû être là. Cela ne devrait pas être comme ça. »

Reportage sur la marche pour la journée de l’émancipation à New York

Loubna Anaki

« Il n’est préoccupé que par lui-même »

Le président américain devait tenir ce vendredi son premier meeting de campagne depuis trois mois dans la ville. Mais sous le feu des critiques, il a décidé de le retarder à ce samedi. « Le président Trump m’a complètement écœuré quand il a annoncé qu’il viendrait ce jour-là, confie Robert Turner. Dieu merci, il a changé d’avis, mais le fait qu’il vienne quand même ce week-end montre son absence totale de respect pour la communauté afro-américaine. Et je ne pense pas qu’il s’en soucie. Il n’est préoccupé que par lui-même. Il veut faire bonne impression donc il vient en Oklahoma parce qu’il sait qu’il va y avoir beaucoup de monde pour l’accueillir – car les gens de cet État l’aiment encore. Mais la plupart des gens dans la communauté afro-américaine s’inquiètent sur le plan sanitaire à cause du Covid-19. Ils ont peur que les gens tombent malades parce qu’il y aura beaucoup de monde dans un espace fermé. »

Et Robert Turner de dénoncer l’inaction de Donald Trump : « On est fatigués de ses discours, on a besoin d’action. Ce président n’a rien fait de qui aide particulièrement les afro américains et je pense qu’il est grand temps que cela change. Il doit finir son mandat avec un plan concret pour régler les problèmes spécifiques qu’affrontent les noirs américains. »

Au micro, Al Sharpton conclut : « C’est quand nous marchons tous ensemble, noirs, blancs, Asiatiques, Amérindiens face aux gaz lacrymogènes et aux balles en caoutchouc que l’Amérique est grande. »

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