Au Sénégal, quel avenir pour la seule usine de fabrication de médicaments du pays ?

Texte par :RFI

Le site de Médis, filiale d’un groupe tunisien, situé à Thiaroye en banlieue de Dakar, est à l’arrêt depuis la mi-janvier. En pleine pandémie de coronavirus, le président Macky Sall a demandé, lors du dernier Conseil des ministres, la relance rapide des activités de l’usine, pour un meilleur approvisionnement du pays en produits pharmaceutiques. Un espoir pour les employés.

Avec notre envoyée spéciale de retour de ThiaroyeCharlotte Idrac

Pas de bruit de machines ni de véhicules. Tout est à l’arrêt dans les bâtiments bleu et blanc de Médis. Mais des salariés continuent de venir sur le site. D’ailleurs, pour Nicodème Ngom, délégué du personnel, tout est prêt pour une relance : « On ne manque de rien pour démarrer, parce qu’on a la matière première, les équipements sont là, les personnes sont là. »

La direction a justifié sa décision par des difficultés financières. Les employés se sont donc retrouvés au chômage technique, sans salaire. Pour eux, l’appel du chef de l’État est une bonne nouvelle, mais il y a encore des blocages.

Nationalisation et autonomie médicale

Pour Médoune Diop, porte-parole des travailleurs, à défaut, il faut envisager de nationaliser : « On a senti que la direction n’a pas de volonté à rouvrir l’usine. Le salaire des travailleurs, dans le futur, ils veulent le réduire. À défaut, on demande au gouvernement de venir rouvrir l’usine. Soit trouver d’autres partenaires privés, soit nationaliser l’entreprise. »

Khoudia Gaye travaille à Médis depuis dix ans, elle était responsable « conformité et projets ». Pour elle, c’est aussi une question de souveraineté : « Au Sénégal, ici, toutes les autres industries pharmaceutiques ne font que du reconditionnement. On fabrique aussi pour la sous-région. Ce n’est pas uniquement le combat des employés de Médis. Il est temps que l’Afrique assure ses autonomies, aussi bien alimentaires, que santé et médicaments. »

Jusqu’en 2002, l’usine fabriquait notamment de la chloroquine, aujourd’hui utilisée dans le traitement des malades du Covid-19 au Sénégal.

Source : RFI

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
12 − 12 =