Au Japon, les liens entre l’exécutif et la secte Moon provoquent une crise politique

Valentine Ulgu-Servant 

© Zhang Xiaoyu – Pool/Getty ImagesAu Japon, les liens entre l’exécutif et la secte Moon provoquent une crise politique

Au Japon, l’émotion causée par l’assassinat de Shinzo Abe est éclipsée par une crise politique. Cette semaine, le Premier ministre Fumio Kishida a annoncé un remaniement gouvernemental pour tenter d’étouffer le scandale provoqué par les révélations de Tetsuya Yamagami :  le meurtrier de Shinzo Abe a expliqué qu’il avait tué l’ancien Premier ministre en raison de ses liens supposés avec la secte Moon. Il est convaincu que cette organisation a causé la perte de sa mère, qui s’est ruinée en faisant des dons à l’Église de l’unification (nom officiel de la secte). Ces déclarations ont soulevé un secret de polichinelle au Japon : l’infiltration de la secte Moon au sein du parti libéral démocrate (PLD). 

En perte de popularité, Fumio Kishida tente de redorer l’image de son parti. Lors d’une conférence de presse organisée mardi, le Premier ministre a expliqué qu’il a choisi de « nommer des personnalités ayant accepté de reconsidérer leurs liens avec l’église de l’unification ». Il est donc contraint d’évincer Nobuo Kishi, le frère cadet de Shinzo Abe, qui occupait jusqu’alors le poste de ministre de la Défense. Fin juillet, il avait admis que sa dernière campagne politique avait été appuyée par des membres de la secte Moon, qui travaillaient bénévolement avec ses équipes. 

Des liens idéologiques et politiques

D’après le Guardian, « les médias ont indiqué que Kishi avait été licencié en raison de problèmes de santé […] Au total, sept ministres ont révélé des liens avec l’église. » Koichi Hagiuda, ministre de l’Économie, a reconnu avoir participé à un événement organisé par la secte, tout comme Satoshi Ninoyu, président de la commission nationale de sécurité publique. Tout deux sont exclus du gouvernement, mais nommés à d’autres postes stratégiques pour le parti. 

Avant que ces têtes politiques de premier plan tombent, seuls des fondamentaux idéologiques conservateurs semblaient unir le PLD et la secte Moon : tous deux prônent une révision de la constitution et s’opposent au mariage des couples homosexuels, notamment. Tomohiro Tanaka, le chef de la secte, s’est exprimé pour clarifier la position de l’Église au sujet de ses liens ténus avec la sphère politique :  « Nous continuons à avancer dans la même direction avec les gens qui veulent protéger la démocratie et qui partagent notre vision de ce que le Japon devrait être. Tout ce que nous faisons, c’est unir nos efforts pour créer un pays meilleur avec des politiciens qui prennent position contre le communisme. »

D’après les informations de Reuters, la secte Moon compte « environ 600 000 adhérents au Japon sur 10 millions dans le monde, [ce qui fait du pays] la quatrième plus grande congrégation de l’église ».

Source : Valentine Ulgu-Servant

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