Au Japon la fête olympique menace de virer au cauchemar

Le report des Jeux olympiques d’été est une déception pour toutes les entreprises qui comptaient sur cet événement planétaire pour doper leurs ventes. C’est encore plus vrai pour les entreprises du pays hôte, le Japon.

Un pays plombé par la crainte et le doute. À Tokyo, où les Jeux auraient dû battre leur plein depuis trois jours maintenant, les habitants se recroquevillent chez eux par crainte d’une nouvelle vague de coronavirus qui déferle depuis quelques jours sur la capitale japonaise alors qu’ils ont été plutôt épargné par la pandémie jusqu’alors. Les chefs d’entreprises qui ont tant misé sur les Jeux sont eux en plein doute sur la suite. La grande fête olympique devait attirer dix millions de visiteurs supplémentaires. C’est 25% en plus des 30 millions de touristes accueillis chaque année au pays du soleil levant. Cette aubaine a viré à la déconvenue. Le tourisme olympique, qui aurait dû réveiller une économie engluée dans la stagnation depuis des décennies, est en plein désarroi.

Outre l’hôtellerie et la restauration, quels sont les secteurs les plus affectés par cette double calamité ?

Comme partout dans le monde les industries liées au transport et aux services sont les plus touchées. Les entreprises japonaises ont dépensé des sommes folles pour tirer parti des Jeux. Le parrainage des entreprises locales se monte au total à plus de 3 milliards de dollars. Un record absolu jamais battu depuis les Jeux de Pékin en 2008. Cette contribution leur donne les droits d’exploitation des logos olympiques pendant six ans. Pourquoi faire si les jeux sont reportés, voire annulés, s’interrogent les parrains ? Et les entreprises en plein marasme à cause de la pandémie ont des soucis plus aigus encore. La compagnie aérienne ANA ne sait même pas comment elle va finir l’année. Les petites entreprises qui ont beaucoup investi pour les Jeux redoutent de ne jamais profiter des retombées. C’est le cas par exemple d’une entreprise laitière de la région de Fukushima qui a beaucoup travaillé pour obtenir un label l’autorisant à vendre ses produits sur les sites olympiques.

Des doutes sur la tenue des jeux en 2021 ?

Si les spectacles et le nombre de spectateurs sont revus à la baisse – cela fait partie des options à l’étude au Comité international olympique (CIO) –, le parrainage se soldera par une grosse déception. Plutôt que de gaspiller leur argent, certaines entreprises pourrait y renoncer et donc réduire de fait l’enveloppe de la fête.

Si l’événement est repoussé d’une année supplémentaire, les fêtes olympiques risquent de s’entrechoquer et les droits de se chevaucher. Car le calendrier olympique lui ne s’arrête pas : en 2022 sont programmés les Jeux d’hiver en Chine et en 2024 les Jeux d’été à Paris. Quelle que soit l’option retenue, la facture sera colossale pour le Japon : outre les 11 milliards d’euros investis pour s’y préparer, Tokyo devra verser une rallonge pour financer le report alors que les profits apparaissent bien moindres que ce qui était escompté. Pour éviter que l’aventure olympique ne se transforme en fiasco financier, les organisateurs travaillent sur les meilleures solutions sanitaires pour maintenir l’événement. La population a déjà tranché : elle est en majorité hostile au maintien.

Source : RFI

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