Attentats du 13-Novembre: des commémorations très symboliques, en plein procès

Le Premier ministre Jean Castex et la maire de Paris Anne Hidalgo ont participé à la cérémonie en hommage aux victimes du 13-Novembre devant la salle de concert Le Bataclan, à Paris, le 13 novembre 2021. REUTERS – POOL

Texte par :RFI

Plusieurs hommages ont été rendus ce samedi à Paris et Saint-Denis, pour commémorer les attentats du 13 novembre 2015, au moment où se déroule le procès de ces attaques qui éprouve les victimes et façonne la mémoire collective.

Accompagné notamment de la maire de Paris Anne Hidalgo, le Premier ministre français Jean Castex a entamé la tournée d’hommages par un dépôt de gerbe suivi d’une minute de silence devant le Stade de France. Ils se sont ensuite rendus sur les terrasses de cafés des Xe et XIe arrondissements et la salle de concert du Bataclan, où des commandos téléguidés par le groupe jihadiste État islamique (EI) avaient tué 130 personnes et fait plus de 400 blessés en 2015, semant l’effroi dans le pays.

Devant le Bataclan, l’émotion était vive. Les rescapés et les proches des victimes ont écouté avec émotion résonner sous la grisaille le nom de chacune des 90 personnes qui ont péri dans la salle de concert.

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Après cette cérémonie réservée aux victimes, à leurs familles et aux officiels, les riverains ont pu se recueillir à leur tour. Martine, une habitante du quartier, est venue comme chaque année déposer un bouquet de roses blanches devant la plaque commémorative. Elle n’arrive pas à oublier ce jour d’horreur. « On n’oublie pas. Ça fait six ans, mais ça reste dans nos cœurs, dans nos têtes. On a tous été concernés, dit-elle, secouée de sanglots. « Ça me remémore tout ce qui s’est passé ce 13 novembre. Le lendemain, je suis venue courir et j’ai vu toutes ces horreurs devant le Bataclan, devant Le petit Cambodge. Pour moi, ça a été très dur. »

La vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, qui achève samedi une visite de quatre jours en France, a déposé peu après midi un bouquet de fleurs blanches en face de la terrasse du bar Le Carillon. Elle a ensuite traversé la rue pour entrer brièvement dans l’établissement. Cette série d’hommages s’achèvera en soirée avec la minute de silence qui doit être observée juste avant le coup d’envoi du match France-Kazakhstan au Parc des Princes à Paris.

« Le besoin d’être ensemble »

Après une cérémonie sans public en 2020 à cause de la pandémie, la commémorationparaît cette année plus importante que jamais, en parallèle d’un procès historique qui ravive depuis septembre le souvenir de l’attaque terroriste la plus meurtrière jamais commise en France. Pendant cinq semaines, 350 victimes se sont ainsi succédé à la barre pour raconter cette soirée d’horreur.

Trouble de stress post-traumatique, culpabilité du survivant, décalage persistant avec le reste de la société… Ces témoignages ont révélé les cicatrices indélébiles et l’ampleur des dégâts psychologiques de ces attentats sur des centaines de vies brisées.

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Pour affronter la suite du procès, qui doit se poursuivre jusqu’à fin mai, « les gens sentent qu’il faut se serrer les coudes », résume Arthur Dénouveaux, le président de l’association de victimes Life for Paris. Son association a enregistré une cinquantaine de participants de plus que l’an passé à la cérémonie qu’elle organise à la mairie du XIe arrondissement. « Le procès a sans doute renforcé le besoin d’être ensemble », confirme Philippe Duperron, président de l’autre association de victimes, 13onze15 Fraternité et vérité. Elle aussi a recensé plus d’inscrits que les années précédentes pour le déjeuner suivant la cérémonie officielle. 

Cette année, « la commémoration fait figure de marqueur du grand récit partagé qui se construit actuellement au procès », observe l’historien Denis Peschanski, coresponsable du « Programme 13-Novembre », un vaste projet de recherche qui étudie l’évolution de la mémoire des attentats sur dix ans. Les journées d’audience et leur retranscription dans la presse « influencent la mémoire collective des Français » et ont permis « de compléter le puzzle avec des morceaux qu’on ne connaissait pas encore », constate-t-il. Le procès se poursuit jusqu’à la fin du mois de mai.

(Avec AFP)

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