Assises nationales au Mali: «Nous croisons les propositions pour déterminer la tendance générale»

Le ministre malien de la Refondation de l’État, Ibrahim Ikassa Maïga, lors de la clôture des concertations sur les Assises nationales de la refondation, à Bamako le 26 octobre 2021. © Manon Laplace/RFI

Texte par : David Baché

Les Assises commencent aujourd’hui au niveau national, elles se sont déjà déroulées, depuis le début du mois, à l’échelle des collectivités territoriales : dans plus de 700 communes, dans les cercles, les régions, au sein également de la diaspora… Sécurité, gouvernance, 13 thématiques sont sur la table… Quelle est la teneur des échanges, sur quoi la synthèse nationale qui a débuté aujourd’hui et qui va durer jusqu’à jeudi va-t-elle porter ? De quelle manière se déroulent les travaux actuels ? David Baché a posé ces questions à Mamadou Hachim Koumaré, président du Comité d’organisation des Assises nationales de la refondation du Mali. Il commence par saluer la participation des Maliens à cette vaste consultation. PUBLICITÉ

Mamadou Hachim Koumaré : Il y a eu un engouement tel qu’on sent que les Maliens avaient besoin de cette situation pour venir expliquer ce qu’ils peuvent faire pour essayer de faire avancer le Mali et construire un mali nouveau.   

RFI : Et sans préjuger du travail de synthèse qui est en cours, sur quoi ont porté les principales propositions ?  

Mamadou Hachim Koumaré : Pratiquement tout ce que les gens ont donné fait consensus, parce que nous avons fait un système informatique, nous avons une base de données. Pour chaque région, pour chaque cercle, pour chaque commune, nous avons des pages où les recommandations sur l’ensemble des treize thématiques sortent, et nous sommes en train de faire des croisements, pour voir la tendance générale. PUBLICITÉ

Mais qu’il s’agisse de sécurité, d’économie, de gouvernance, est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur le fond, sur la nature des propositions qui sont sur la table ? 

Les recommandations portent sur les treize thématiques, donc sur la décentralisation, sur le système étatique, sur les questions d’environnement ou même sur la question des partis politiques.

Est-ce que ces premières semaines d’échanges permettent déjà d’avoir une idée sur le chronogramme électoral qui doit être issu de ces Assises, et qui est particulièrement attendu puisqu’il déterminera la longueur de la période de transition ?  

Des propositions ont été faites sur tout, même sur cette question. Cela sortira certainement après la première journée. Mais il faut attendre encore un peu pour donner les grandes tendances et ne pas influencer les débats.  

Mais est-ce qu’on parle d’un allongement de trois mois, six mois, trois ans ? C’est encore trop tôt pour le dire ?  

C’est trop tôt. Les gens continuent encore à s’exprimer, dont il ne faut vraiment donner aucune indication pour ne pas influencer les débats. 

Vous avez parlé de l’affluence, mais ces Assises sont boycottées par de nombreux partis politiques : Yelema de Moussa Mara, le Parena de Tiébilé Dramé, le RPM d’IBK, il y en a plusieurs dizaines… Boycotté également par les groupes armés signataires de l’accord de paix. Finalement, est-ce que les participants sont suffisamment nombreux pour rendre ces Assises représentatives et légitimes ? 

Il faut rectifier un peu. S’ils n’ont pas participé en tant que parti, ils ont participé au titre d’autres structures, au niveau des communes, des cercles et de la région. Donc, tout le monde a participé. 

Pour certains à titre individuel, c’est ça ? 

Oui, il y en a qui ont participé à titre individuel, il y en a d’autres qui ont participé à d’autres titres. Nous n’avons pas cherché à faire le distingo entre partis politiques et autres. 

Donc, pour vous, pas de débat sur la légitimité des conclusions qui seront tirées ? 

Au contraire, les gens sont très heureux. Cela va être la fin d’une session difficile et le début d’une bonne refondation.

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