Afghanistan: initiative diplomatique au Qatar pour tenter d’enrayer l’avancée des talibans

Un commando de l'armée nationale afghane monte la garde le long d'une route dans la province de Herat, le 1er août 2021 (image d'illustration).
Un commando de l’armée nationale afghane monte la garde le long d’une route dans la province de Herat, le 1er août 2021 (image d’illustration). AFP – HOSHANG HASHIMI

Texte par :RFI

Après une offensive éclair, les talibans ont réussi à s’emparer en quatre jours de six capitales provinciales. L’étau se resserre à présent autour de Mazar-i-Sharif, carrefour commercial et plus grande ville du nord de l’Afghanistan, ainsi qu’autour de Kandahar et de Lashkar Gah au sud – deux fiefs historiques des insurgés – ainsi qu’à Herat dans l’ouest.

La violence des combats a entraîné d’importants déplacements de population en Afghanistan : plus de 240 000 depuis mai 2021 et le retrait des forces américaines et internationales. Et les affrontements ont fait plus de 4 000 blessés depuis le 1er août, selon le CICR. 

« À moins que toutes les parties ne retournent à la table des négociations et ne parviennent à un règlement pacifique, la situation déjà atroce pour tant d’Afghans ne fera qu’empirer », a averti Michelle Bachelet.

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La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme s’inquiète de la prolifération des milices pro-gouvernementales mobilisées contre les talibans et qui pourrait également mettre en danger les civils.

Cet appel à un arrêt immédiat des combats dans les villes vient s’ajouter à celui du CICR qui demande aux parties en conflit de protéger de toutes attaques et dommages collatéraux les hôpitaux et les infrastructures de soins, pour pouvoir continuer à venir en aide à la population.

Réunion à Doha

Sur le plan diplomatique, l’émissaire américain pour l’Afghanistan est au Qatar pour exhorter les talibans à cesser leur offensive et à négocier un accord politique. Doha accueille en effet ce mardi 10 août une réunion internationale, avec des représentants du Qatar, des États-Unis, de Chine, du Royaume-Uni, de l’Ouzbékistan, du Pakistan, des Nations unies et de l’Union européenne.

Le processus de paix entre le gouvernement afghan et les talibans s’est ouvert en septembre dernier au Qatar, dans le cadre de l’accord de paix conclu en février 2020 – entre les insurgés et Washington – prévoyant le départ total des troupes étrangères d’Afghanistan. Ce retrait doit être achevé d’ici le 31 août 2021.

Discussions au point mort

Mais les discussions sont au point mort et les talibans ont lancé une offensive en mai, quand a débuté ce retrait final. L’initiative diplomatique de ce mardi a peu de chances d’aboutir au vu de l’évolution sur le terrain et de l’avancée fulgurante des insurgés. Or, Washington l’a dit et répété : rien ne saurait bouleverser le retrait effectif du pays d’ici la fin du mois.

Les talibans, qui avancent à un rythme effréné, contrôlent désormais cinq des neuf capitales provinciales du nord – six sur 34 au total dans tout le pays – et des combats sont en cours dans les quatre autres. Ils commençaient mardi à resserrer l’étau sur Mazar-i-Sharif, la plus grande ville de la région.

« Les gens sont déjà en train de fuir la région, le prix des billets d’avion a explosé, et nous sommes passés de 3 ou 4 vols quotidiens à près d’une dizaine de départs par jour. Les habitants cherchent à quitter Mazar par tous les moyens pour rejoindre Kaboul ou d’autres provinces qui sont encore à l’abri des Talibans », témoigne Bachir, un citoyen de Mazar-i-Charif, au micro de Vincent Souriau, du service international de RFI.

« Si les combats continuent, s’ils s’approchent du centre-ville, l’aéroport sera leur cible numéro 1 afin de couper les liaisons aériennes et d’empêcher la fuite des officiers de l’armée afghane. J’espère que l’armée et la population seront en mesure de résister, parce que la chute de Mazar-i-Charif, c’est la chute de tout le nord de l’Afghanistan », conclut cet habitant. 

Source : RFI

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