Affaire Karachi: premier procès dans cette affaire aux nombreux rebondissements


Ziad Takieddine, homme d’affaires franco-libanais, l’un des six prévenus.
Bertrand GUAY / AFP

Par RFIPublié le 07-10-2019 Modifié le 07-10-2019 à 18:38

Ce lundi 7 octobre s’ouvre le 1er procès dans l’affaire Karachi et le financement opaque présumé de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995. En tout, ce sont six hommes qui vont comparaitre jusqu’au 31 octobre, pour « abus de biens sociaux » et « recel ».

À l’origine de cette affaire tentaculaire : un drame. Le 8 mai 2002 à Karachi, au Pakistan, une voiture piégée explose et tue quinze personnes, dont 11 employés français de la Direction des chantiers navals.

Mais ce procès qui s’ouvre ce lundi n’est pas celui des auteurs ou commanditaires de l’attentat. C’est celui du volet financier. Autrement dit, celui du financement de la campagne d’Édouard Balladur à la présidentielle de 1995.

Au total, six personnes comparaissent, accusées d’avoir participé à un système occulte, qui une fois stoppé, aurait donné lieu plusieurs années plus tard, à l’attentat en représailles.

Une campagne présidentielle financée par le « réseau K »

Concrètement, pour financer la campagne de celui qui est alors Premier ministre, un circuit opaque, le réseau K , aurait été mis en place.

En marge de contrats, de sous-marins notamment, des commissions étaient versées par la France. Une partie de cet argent serait ensuite revenue sous forme de rétrocommission pour alimenter la campagne d’Édouard Balladur.

Ce dernier avait en effet fait le choix de se présenter face au président de son parti, Jacques Chirac, et n’avait donc pas eu le soutien financier du RPR (le Rassemblement pour la république). Il aurait donc cherché de l’argent ailleurs.

À l’époque, les comptes de campagne d’Édouard Balladur, éliminé au premier tour,  avaient pourtant été validés par le Conseil constitutionnel.

Six hommes à la barre

Parmi les six prévenus, il y a trois hommes politiques : Nicolas Bazire, ex-directeur de campagne d’Édouard Balladur, Renaud Donnedieu de Vabres, ex-conseiller du ministre de la Défense François Léotard, et Thierry Gaubert, alors membre du cabinet du ministre du Budget Nicolas Sarkozy.

Mais aussi trois hommes d’affaires : Dominique Castellan, ancien patron de la branche internationale de l’ex-Direction des chantiers navals (DCN), devenue depuis Naval Group. Il a également l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine et l’intermédiaire espagnol d’origine libanaise, Abdul Rahman el-Assir.

Les six prévenus comparaissent à partir de ce lundi 7 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris, afin d’être jugés pour « abus de biens sociaux » et « recel ».

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