À la Une: une libération qui se fait attendre…

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Le leader de l’opposition malienne, Soumaïla Cissé lors d’une marche en septembre 2018 à Bamako. MICHELE CATTANI / AFP

Par :Frédéric Couteau

« Le sort de Sophie Pétronin, la dernière otage française dans le monde, et de Soumaïla Cissé, ancien ministre et candidat à la présidentielle, restait entouré d’incertitude hier, malgré les signes persistants d’une libération imminente. » C’est ce que constate Le Monde Afrique.

Hier plusieurs médias maliens et sous-régionaux annonçaient une libération imminente des deux otages. Et… aucun signe…

La presse s’interroge donc et en est réduite aux hypothèses, à l’instar du Pays au Burkina : « Quand la délivrance interviendra-t-elle ? Qu’est-ce qui coince ? Alors que d’aucuns faisaient état d’une machine huilée dans la perspective d’une très prochaine libération de l’opposant malien et de l’humanitaire française, la mécanique a-t-elle fini par être grippée ? Et le tintamarre qui a entouré cette annonce a-t-il tout fait capoter ? (…) On peut se demander si l’état actuel de santé physique et morale des deux otages n’explique pas ce retard. Qui sait ?, s’interroge encore Le Pays. Peut-être leurs ravisseurs travaillent-ils à leur faire reprendre suffisamment de forces, à requinquer ces prisonniers, sans aucun doute diminués physiquement, avant de les remettre à leurs familles respectives. »

« Drôle de troc… »

Selon différentes sources proches des tractations, Sophie Pétronin et Soumaïla Cissé devaient faire l’objet d’un échange contre plus d’une centaine de djihadistes emprisonnés et qui ont été libérés ces derniers jours.

« Drôle de trocs’exclame L’Observateur Paalgaavec des individus sans foi ni loi qui n’ont pas forcément le sens de la parole donnée. Drôle de troc, quand on imagine le nombre d’intermédiaires imbriqués dans la chaîne de libération, chacun brandissant ses propres exigences. »

Alors, s’interroge le quotidien ouagalais, « auraient-ils formulé des conditions supplémentaires ou inattendues avant de relâcher leurs proies ? En tout cas tout semble indiquer qu’il y a eu beaucoup de précipitation dans cette affaire, à moins que ce ne soit de l’amateurisme de la part de gens qui viennent d’arriver au pouvoir et qui voulaient sans doute frapper un grand coup. »

Et L’Observateur Paalga de conclure : « Il faut en tout cas espérer qu’au bout de cette interminable attente, Soumaïla Cissé et Sophie Pétronin retrouveront la liberté, car si tel ne devait pas être le cas, ils auraient renvoyé sur le terrain des terroristes qu’on ne pourra pas poursuivre pour filouterie. Et ça, ce serait la pire manière de commencer la transition. »

Le M5-RFP floué ?

La presse malienne pour sa part titre ce matin sur les suites de l’annonce du gouvernement de transition et sur le mouvement de contestation M5-RFP qui se sent floué…

« Le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques nie avoir des représentants dans le gouvernement de la transition, constate Le Pays à BamakoIl crie à la trahison et appelle ses militants à la mobilisation “pour un changement réel par la Refondation du Mali”. »

En effet, enchaîne L’Indépendant, autre quotidien malien, le gouvernement de Moctar Ouane « n’est pas celui que nos compatriotes attendaient. (…) Les 25 membres de ce gouvernement sont, pour la plupart, de grands inconnus du public, des technocrates certes, sinon des retraités qui n’ont jamais battu le pavé contre le régime d’IBK, dont la chute comme un fruit mur est, avant tout, l’œuvre du M5-RFP parachevée par le CNSP, le 18 août dernier. C’est dire alors, poursuit L’Indépendant, combien le communiqué du M5-RFP est venu à point nommé pour rétablir la vérité. »

Et le quotidien malien de dénoncer ce qu’il appelle une « faute grave » du président de la transition Bah N’Daw et du Premier ministre Moctar Ouane.

Mouvements sociaux en perspective

Enfin, sur le front social, « pas de répit au Mali car les débrayages recommencent », s’exclame Le Républicain Mali. « Pour preuve, quatre syndicats ont décidé d’appeler à la grève pour 15 jours à compter du 19 octobre. » Il s’agit de syndicats de fonctionnaires « qui exigent tous l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents. (…) Autant dire, conclut Le Républicain Mali, que les nouvelles autorités de la transition ont du pain sur la planche. »

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