À la Une: les États-Unis en état d’urgence

Le président américain Donald Trump a décrété l'État d'urgence depuis la Maison-Blanche, le 13 mars 2020.
Le président américain Donald Trump a décrété l’État d’urgence depuis la Maison-Blanche, le 13 mars 2020. REUTERS/Jonathan Ernst

Par : Norbert Navarro

État d’urgence aux États-Unis, branle-bas de combat en Europe ! L’Organisation mondiale de la santé, en effet, a désigné l’Europe comme foyer principal de la maladie, et Le Figaro s’en alarme en Une.

L’Amérique en état d’urgence ? C’est « un tournant », souligne Le Figaro, un tournant dans la gestion d’une épidémie que Donald Trump, il y a quelques jours encore, comparaît à une grippe saisonnière ». Et ce quotidien d’expliquer que « le pire effondrement de Wall Street depuis octobre 1987, observé jeudi, est en partie attribué à une perte de confiance des milieux financiers dans la capacité de Washington à gérer l’urgence à la fois sanitaire et économique crée par la pandémie, et prévenir une récession ».

Urgence aux États-Unis et alerte en Europe

L’Europe « se cadenasse et ferme ses frontières », pointe donc Le Figaro. Mesures nécessaires, car, comme le note Le Courrier Picard, « les Chinois, aussi obsédés furent-ils par la victimisation qui leur a fait voir un ennemi dans celui qui les alertait, ont réussi, en mettant les bouchées doubles, à s’en sortir. Ce peuple joue collectif. Nous, non »

Justement. Comme l’admet Le Parisien, « les leaders européens peinent pourtant à agir de concert. Il n’y a qu’à voir les décisions de fermeture presque totale de frontières prises par la République tchèque, la Slovaquie, l’Autriche ou la Hongrie (…) En réponse, Macron propose à l’UE de mettre en place dans les prochains jours des mesures de contrôle renforcé des frontières autour de l’espace Schengen, voire de les fermer pour les zones à risques », rappelle ce quotidien, dans lequel le député macroniste Pieyre-Alexandre Anglade le concède : « Tout l’enjeu, c’est d’éviter le repli nationaliste », admet le député La République en marche de la quatrième circonscription des Français établis hors de France, celle qui regroupe la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas.

Éviter le repli nationaliste ? Pendant que les politiques veillent ainsi à la préservation de la cohésion sociopolitique au sein de l’Union européenne et au-delà, les chercheurs, eux, « s’activent », se rassure Le Parisien. Car la priorité absolue, c’est la mise au point d’un vaccin, ce que ce journal appelle « l’antidote ». Le Parisien raconte la « course folle » pour le mettre au point, les « partages de données » entre laboratoires, d’ordinaire jaloux de leurs trouvailles comme de leurs brevets, et retient que la Chine a annoncé des premiers essais potentiels d’un vaccin sur l’homme fin avril, « sans pour autant garantir son succès ».

L’Europe, donc, mais aussi la France qui se prépare à de lourds changements dès le début de la semaine prochaine

Principale préoccupation des Français désormais, la fermeture, dès lundi et jusqu’à nouvel ordre, de la totalité des établissements scolaires du pays. Dans les familles, l’heure est à la débrouille, la réorganisation de la vie quotidienne en situation de confinement. Le journal Libération raconte ce « dernier week-end avant l’inconnu ». La France, à cet égard, ne fait pas autre chose que ce que font la plupart des pays du monde.

Certes, « la Terre ne s’arrête pas de tourner. Mais elle cesse de vivre normalement », s’effare Libé, en soulignant que, « dans la sidération ambiante, chacun se prépare à l’épreuve comme il peut, (…). Une seule chose est sûre : le laisser-faire qui était la loi planétaire a vécu ». Conclusion sidérée, forcément sidérée de Libération : « Nous vivons le crépuscule du libéralisme ». Rien de moins !

C’est dans ce contexte que va se tenir demain en France le premier tour des élections municipales

J – 1 avant un premier tour plein d’incertitudes sur le taux de participation à ce scrutin. La démocratie « à l’épreuve du coronavirus », lance « en manchette » Le Figaro. Et ce qui frappe à la lecture de ce journal, c’est l’importance qu’il accorde à ces élections municipales. Je veux ici parler de l’importance en volume, si j’ose dire, car Le Figaro y consacre pas moins de huit pages, soit plus d’un tiers de son principal cahier. En de telles circonstances, c’est à tout le moins étonnant. Car la campagne de ces municipales restera dans les annales.

Justement. À la veille de l’ouverture des bureaux de vote, le journal Le Républicain Lorrain récapitule les heurts et malheurs ayant émaillé la campagne électorale de ces municipales à nulle autre pareille, un scrutin qui « appartient déjà à l’histoire », souligne ce quotidien de l’est de la France, car il fut marqué par la contestation sociale contre la réforme des retraites, puis par l’affaire Griveaux avant d’être impacté par la pandémie de coronavirus. Étant rappelé que, finalement, Emmanuel Macron a « levé l’hypothèque » que la propagation éclair du virus faisait peser dans l’ultime ligne droite sur le scrutin, « jugeant inutile de rajouter la crise à la crise », Le Républicain Lorrain remarque que le président « a plié sous la menace de la droite d’un procès en “coup de force institutionnel” ».

Oui, confirme La République des Pyrénées, « Macron a bien essayé de reporter les municipales, mais il s’en est trouvé empêché par une double opposition, celle de Gérard Larcher, président du Sénat et de Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel ».

Et ce matin, tel un mousquetaire, Le Figaro assume. « Un pour tous, tous pour un », lance en Une ce quotidien conservateur, « la force d’une démocratie n’est pas seulement de savoir respecter son calendrier électoral contre vents et marées. Elle est aussi de savoir surmonter l’adversité en rangs serrés, sans se renier », martèle-t-il. La démocratie élective à la merci de la fréquentation ou non des isoloirs… Éternelle polémique, peut-être à suivre, dès demain soir…

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