À la Une: le coronavirus ébranle le pouvoir en Chine

Images du docteur Li Wenliang, officiellement décédé hier dans un hôpital de Wuhan. Reuters/Li Wenliang

Par :Norbert Navarro

La « colère ». Celle des Chinois. La colère « contre le pouvoir ». C’est la manchette du Figaro.

Le coronavirus ? Nous en parlions ici même comme un virus à couronne. Et bien à la Une du Figaro, c’est désormais un « virus politique ». Car au-delà de sa dangerosité, qui vient de coûter la vie au docteur Li Wenliang, officiellement décédé hier dans un hôpital de Wuhan, cette ville qui est le foyer de l’épidémie de coronavirus. Âgé de 34 ans, ce médecin chinois avait osé lancer l’alerte.

Mais c’est bien le pouvoir central à Pékin qui se retrouve à présent infecté 

Certes, pointe Le Figaro, « l’autoritarisme du président Xi Jinping lui permet d’ordonner le confinement strict de centaines de millions de personnes et de faire surgir de terre des hôpitaux géants en quelques jours. Mais s’il perd la confiance des Chinois, ceux-ci pourraient dénoncer le contrat implicite par lequel ils renoncent à leurs libertés individuelles en échange de la sécurité et de la prospérité. »

En Inde, élections législatives aujourd’hui dans le territoire de Delhi. Un scrutin sous haute tension à valeur de test pour le pouvoir nationaliste du Premier ministre Narendra Modi :

Un scrutin « décisif, qui dépasse largement les intérêts locaux (…) alors que tous les indicateurs confirment que le pays traverse une crise économique profonde », prévient Le Monde.

Quatorze millions d’électeurs sont appelés aux urnes sur une population de plus de 20 millions d’habitants

C’est à grands traits le combat dans les urnes d’un « homme ordinaire » face au tout puissant numéro un Indien, résume le magazine Challenges, « le ministre en chef sortant Arvind Kejriwal et son “Aam Aadmi Party” (“Parti de l’homme ordinaire”, AAP) font face pour leur réélection à la redoutable machine politique du Bharatiya Janata Party (“Parti du peuple indien”, BJP) du nationaliste hindou Narendra Modi. »

En Inde, les incidents se multiplient après l’adoption en décembre d’une loi sur la citoyenneté qui discrimine les musulmans. Le quotidien Libération diagnostiquait hier une « fracture profonde dans la société indienne, aggravée par (cette) loi » forgée par le gouvernement nationaliste hindou de Narendra Modi. Résultat, l’Inde « se déchire », s’alarmait Libé, journal dans lequel le chercheur associé à l’Iris Jean-Joseph Boillot comparait alors les méthodes de répression du pouvoir à « un mix du 1984 d’Orwell et du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley » et décrivait « une séquence qui rappelle l’arrivée d’Hitler au pouvoir ».

En France, « l’affaire Mila » prend de l’ampleur… dans les pages des journaux, surtout :

Mila, c’est cette adolescente de 16 ans, originaire du sud-est de la France, et que les pouvoirs publics ont été obligés de scolariser dans un lieu inconnu, tout en la protégeant, elle et ses proches, après qu’elle ait été menacée de mort sur les réseaux sociaux pour y avoir blasphémé en disant tout le mal qu’elle pense de la religion musulmane. Un vrai lynchage en ligne qui embarrasse classe politique et milieux associatifs.

Et ce matin, le journal Libération, en Une déplore cet « emballement » médiatique autour de « l’affaire Mila ».

Certes, « dans une société civilisée, on évite autant que possible d’injurier les convictions religieuses de ses voisins, souligne LibéMais au pays de la satire anticléricale, du surréalisme transgressif, de la traditionnelle moquerie envers les religions impérieuses, on mesure la régression que ces lynchages en ligne risquent d’entraîner pour la liberté d’expression », met-il en garde, sans manquer de rappeler que « le blasphème est licite en France, comme dans la grande majorité des démocraties ».

Libération souligne le malaise perceptible qui transpire dans les réactions de nombre d’associations féministes ou LGBT dans cette affaire Mila. « Leur voix n’a guère porté », constate ce journal, « allant du soutien clair et immédiat à la défense gênée. Elles sont globalement restées inaudibles, résume Libéalors même que ces associations ont pour habitude de professer haut et fort une vigilance de tous les instants. Pourquoi ? Parce que les agresseurs sont – ou semblent être – des musulmans ». Et ce quotidien y voit « le résultat d’idéologies certes bien intentionnées, mais qui sont handicapées par un essentialisme pervers. On juge les agresseurs pour ce qu’ils sont, et non pour ce qu’ils font. Selon qu’ils appartiennent à tel ou tel groupe, pour les mêmes faits, ils seront plus ou moins condamnables. »

Coup de tonnerre dans le monde feutré de la banque en Suisse. Le Franco-Ivoirien Tidjane Thiam, directeur général du Crédit Suisse, a été congédié :

C’est l’épilogue d’une affaire « digne d’un roman policier », souligne Le Figaro. Vendredi prochain, Tidjane Thiam quittera ses fonctions de directeur général du Crédit Suisse.

Ingénieur diplômé de deux grandes écoles françaises, et qui fut notamment directeur général du BNEDT en Côte d’Ivoire, c’est à dire patron des grands travaux de l’Etat, avant d’être ministre du Plan, Tidjane Thiam est un petit neveu de Félix Houphouët-Boigny, premier président ivoirien.

Vrai polar, en effet, que cette affaire qui l’a finalement emporté. À grands traits, le Cédit Suisse avait espionné un de ses cadres, en passant par le service d’un détective privé, qui « s’est suicidé », rappelle Le Figaro.

Deux mots de l’affaire des violences sexuelles dans le monde du patinage artistique en France pour conclure. Secoué par ce scandale, le président de la Fédération française des sports de glace n’exclut plus de démissionner :

Didier Gailhaguet, c’est son nom, le dit au quotidien sportif L’Equipe. « Je pense que je suis un frein à la Fédé », autrement dit la Fédération française des sports de glace, qu’il préside. Un conseil fédéral de ladite fédération sportive doit se tenir aujourd’hui, en pleine tempête médiatique consécutives à cette affaire de violences sexuelles dans le patinage français. Étant rappelé que la ministre des Sports Roxana Maracineanu l’a appelé à la démission, Didier Gailhaguet dit à L’Equipe qu’il n’est « accusé de rien, si ce n’est de vouloir garder (sa) place, mais (qu’il) ne veu(t) pas la garder ».

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